L’adoption du projet de loi sur le littoral par l’Assemblée nationale est révélatrice d’une gouvernance fragmentée depuis 2019 et souvent incapable de protéger la capitale des pressions climatiques.
En effet Nouakchott figure parmi les 10 capitales les plus menacées au monde par la montée des eaux d’une part et d’autre part plus de 60 % de la façade littorale accessible est aujourd’hui occupée par des établissements privés. Et pourtant les textes sont clairs. L’Ordonnance 2007 stipule que le littoral est un patrimoine national inaliénable. Elle interdit toute construction qui entrave l’accès public ou détruit les dunes. Ce qui se passe aujourd’hui inquiète les observateurs qui pointent des plages clôturées, des restaurants sur les dunes, des villas sur le cordon dunaire, l’absence de sanctions et enfin des autorisations délivrées sans étude d’impact. Cette anarchie visible partout est devenue une norme. Le problème c’est l’absence d’application de la loi depuis des décennies. Nouakchott est construite sous le niveau de la mer. Les dunes qui protégeaient la ville sont détruites par les constructions. Et le gouvernement laisse faire. Nouakchott est une capitale en sursis. Plus de la moitié des Mauritaniens sont en danger. La gestion du littoral est avant tout l’affaire des pouvoirs publics.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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