
Après plus d’une année de concertation, la majorité et l’opposition sont arrivées à une feuille de route consensuelle pour enfin ouvrir un dialogue dans les semaines à venir.
Ce rituel de survie du système est considéré par les observateurs comme un espace où les élites se parlent entre elles pendant que le pays réel continue de se fissurer. Pour arrêter cette hémorragie, ce dialogue cher à Ould Ghazouani, devra parler aux victimes mauritaniennes,les Haratines qui subissent l’héritage esclavagiste, les communautés négro-mauritaniennes marquées par les déportations et les massacres de 1989–1991, les paysans dépossédés du fleuve, les réfugiés oubliés… Leur absence aux concertations constitue le premier scandale. Les observateurs ne s’attendent pas à leur présence aux assises prochainement. La scission de l’opposition avec une nouvelle coalition qui sera absente, laisse penser à un cache-misère institutionnel utile à Ould Ghazouani dont le deuxième mandat prend fin en 2029. En gagnant du temps, il a réussi à diviser l’opposition pour légitimer le statu quo. L’accord consensuel stabilise le système, mais ne répare pas la fracture sociale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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