En recevant cette semaine au palais de Nouakchott le comité des Oulémas, Ould Ghazouani entend relancer le dialogue avec les salafistes repentis.
En Mauritanie, il existe ce qu’on appelle des salafistes quiétistes, apolitiques et tolérés par l’Etat, des salafistes réformistes plus politisés et surveillés comme le premier parti islamiste de l’opposition TAWASSOUL et enfin des salafistes Jihadistes, affiliés ou proches des terroristes de l’AQMI. Ce sont ces derniers ou salafistes repentis et détenus en prison qui sont concernés par le dialogue prôné par le président mauritanien qui vient de recevoir au palais de Nouakchott,le comité des Oulémas. Cette démarche est originale dans une sous-région où ces islamistes ont pignon sur rue avec comme objectif l’instauration d’un califat au Sahel. La Mauritanie est ainsi ciblée comme un laboratoire de dialogue avec les salafistes. Contrairement aux autres pays du Maghreb et du Sahel, Ould Ghazouani mise sur une stratégie de dialogue religieux avec en première ligne les Oulémas, réputés souvent malékites ou soufis ou traditionnalistes qui vont discuter avec les détenus. Ce qui donne du poids au dialogue et des résultats concrets avec leur réinsertion sociale après renoncement à la violence. Peu d’attentats sur le sol mauritanien depuis plus d’une décennie. En neutralisant les jihadistes, l’État a parfois renforcé les salafistes quiétistes, très conservateurs sur les questions sociétales notamment sur le statut des femmes. Les observateurs craignent ainsi que cette réinsertion qui se repose sur des garanties tribales, renforce les structures sociales inégalitaires.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 17 mars 2026)
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