Le colloque scientifique et de sensibilisation organisé à Nouadhibou sur le thème « Sensibilisation et mobilisation autour de l’organisation de la zakat et de la responsabilité de l’État dans sa collecte et sa distribution », relance le débat sur un dispositif de captation symbolique, où la religion sert à renforcer l’autorité du pouvoir.
Dans un pays où l’islam est la religion d’Etat et où l’État peine à fournir des services sociaux de base, la zakat devient un canal alternatif de redistribution, mais contrôlé par le pouvoir. L’institutionnalisation d’un des piliers importants de l’islam permet de centraliser les flux financiers religieux et de contrôler les circuits de solidarité. C’est le sens et la portée du colloque à Nouadhibou sur l’organisation de la Zakat et la responsabilité de l’Etat dans sa collecte et sa distribution. En demandant aux hommes d’affaires, acteurs économiques et les donateurs à verser leur zakat par l’intermédiaire du Conseil suprême de la zakat, le ministre de l’Enseignement originel cherche à centraliser la solidarité et surtout et à neutraliser toute alternative sociale autonome. Dans ce mécanisme, le Conseil supérieur de la zakat est devenu un instrument de centralisation politique. En concentrant la zakat dans cet organisme, le régime de Ould Ghazouani transforme un devoir religieux en outil de gouvernance politique. Depuis 2019, la zakat apparaît comme une scène politique où les distributions sont médiatisées et accompagnées de discours officiels. Cette mise en scène occulte l’absence de politiques sociales structurelles.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

