Depuis les événements de 1989, la vallée est au cœur d’une politique d’accaparement de ses terres agricoles. Ses villages millénaires sont menacés aujourd’hui d’effacement. Parmi eux, le village de Dar-eSalam dans le Fouta Toro
Les observateurs sont surpris de constater que les journalistes étrangers en particulier occidentaux mettent plus l’accent sur les menaces de disparition des villes historiques Chinguetti, Ouadane et Tichitt en passant sous silence les villages millénaires de la vallée comme par exemple Dar-eSalam dans le Fouta Toro face à une expropriation méthodique de ses terres agricoles par le régime de Ould Ghazouani depuis 2019. Après six années de gouvernance, tous ces villages ne font plus l’objet d’attention des autorités.
La menace de disparition la plus immédiate réside dans les crues du fleuve et l’érosion des berges ainsi que dans l’avancée de la désertification. Les villages sont construits au ras du fleuve parfois sur d’anciens lits comme Dar-eSalam dont les terres sont en train d’être accaparées par l’Etat sous le contrôle d’une administration monocolore et zélée. Ce sont les litiges fonciers qui sont pointés du doigt par les observateurs, responsables aujourd’hui de l’effacement des populations. Cette politique de remplacement initiée par la réforme de 1983, pousse les populations à l’exil pour devenir des réfugiés sur l’autre côté de la rive. Des villages entiers pourraient d’ici 2030 être rayés de la vallée du fleuve Sénégal. Le drame des villages millénaires concerne tous les Mauritaniens. C’est la justice foncière qui est pointée du doigt. Cette expropriation est une fracture sociale nécessitant un dialogue pour une Mauritanie réconciliée avec elle-même et apaisée.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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