
Financial Afrik – Une voiture promise, un gagnant annoncé, puis un résultat annulé. L’opération de promotion de Masrvi, le service financier mobile de la Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI), devait célébrer la chance. Elle soulève désormais des questions sur la fiabilité du dispositif et les contrôles entourant le tirage.
Le 9 octobre 2026, la campagne « Lekhrif » devait connaître son dénouement avec l’attribution d’une Jetour T1.
Et à la fin, L.C est annoncé gagnant. Selon son témoignage recueilli par le journaliste Souleymane Hountou Djigo et publié par Kassataya, il est appelé par la banque, se déplace et est présenté comme l’heureux bénéficiaire. Invité à revenir le lundi suivant, il apprend finalement que le tirage a été manipulé et que son résultat est annulé.
La BMCI avance une explication précise. Dans un communiqué daté du 20 octobre, rapporté par Madar, elle affirme que la base des participants éligibles a été remplacée avant le tirage par un fichier contenant un seul nom répété. La banque indique que les faits ont été consignés dans un procès-verbal et annonce des poursuites judiciaires, ainsi qu’un nouveau tirage à partir de la base originale, sous contrôle renforcé.
L’enquête publiée par le site Kassataya apporte des éléments supplémentaires. Son auteur dit avoir consulté les fichiers concernés et un procès-verbal faisant état d’aveux de l’agent mis en cause. Il rapporte également avoir rencontré celui-ci, qui aurait reconnu la manipulation. L. C., pour sa part, confirme connaître cet agent, qu’il présente comme un client de son activité d’impression. Cette relation ne suffit pas à établir qu’il aurait participé à la manipulation ou en aurait eu connaissance.
Pour la BMCI, ces explications déplacent le problème autant qu’elles l’éclairent. Si les faits se sont déroulés comme elle les décrit, comment un fichier déterminant l’issue d’une opération promotionnelle a-t-il pu être remplacé sans détection avant l’annonce du résultat ? Qui devait en vérifier l’intégrité ? À quel moment les contrôles ont-ils été effectués ? L’identification d’une responsabilité individuelle ne dispense pas d’examiner les défaillances du dispositif.
La banque affirme avoir réagi en annulant le résultat et en engageant des procédures. Mais corriger une opération contestée ne suffit pas, à lui seul, à restaurer la confiance. Encore faut-il rendre compréhensibles la chronologie des faits, les règles appliquées et les garanties entourant la reprise du tirage. La personne publiquement présentée comme gagnante mérite également une explication claire, sans que sa mise en avant initiale se transforme en présomption de culpabilité.
L’enjeu dépasse ainsi la voiture. Une campagne destinée à promouvoir un service financier engage la crédibilité de l’établissement qui la porte. Les faits rapportés concernent le mécanisme de la tombola ; ils ne démontrent pas une défaillance de la sécurité des comptes ou des transactions de Masrvi. Leur portée réputationnelle peut néanmoins dépasser ce périmètre : le public attend d’une banque qu’elle maîtrise les opérations organisées sous son nom.
La communication n’est pas une science exacte. Elle exige cependant un préalable très concret : sécuriser la promesse avant de la mettre en scène. Pour la BMCI, le prochain gain à obtenir sera celui de la confiance.
Source : Financial Afrik
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com



