Mauritanie : la face cachée de la francophonie de Ould Ghazouani

Au moment où le français est peu significatif dans le nouveau système éducatif, le président mauritanien est fier de présenter la candidature d’une négro-mauritanienne au poste de secrétaire générale de l’OIF.

Cette face cachée révèle une politique d’arabisation ouverte avec le remplacement du français même dans les matières scientifiques et la perspective de la disparition progressive de l’école privée en Mauritanie. Alors que la majorité des enfants du pouvoir sont à l’école privée française à Nouakchott. Cet autre visage de la francophonie sert d’abord à acheter du capital symbolique auprès de Paris et des institutions occidentales. Elle permet à Ould Ghazouani de se présenter comme un partenaire fiable et modéré en présentant une francophile au plus haut poste de l’OIF. Et pourtant les élites négro-africaines francophones restent exclues des cercles décisionnels.

La francophonie devient alors un bouclier diplomatique plus qu’un projet culturel. La francophonie permet d’occulter les massacres de 1989-1991, les déportations vers le Sénégal et le Mali, les spoliations foncières et l’absence de justice ou de vérité. C’est la francophonie comme marché politique qui est pointée du doigt par les observateurs avec la mise en scène d’une “Mauritanie ouverte” pour attirer investisseurs et partenaires. Les discours sur le multilinguisme, sur la promotion de la diversité, l’école républicaine sont autant de contradictions majeures dans la posture de Ould Ghazouani. Une francophonie qui sert l’Etat et non les Mauritaniens.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 20 avril 2026)

 

 

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