
Les observateurs reviennent sur la candidature récente de la Mauritanie passée sous silence au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie OIT.
Cette candidature paradoxale n’est pas indifférente au niveau des réseaux sociaux qui relancent le débat sur la politique linguistique et identitaire de la Mauritanie dont le principal héritage est arabo-islamique avec une négation des cultures négro-africaines (pulaar, soninké et ouolof). Une marginalisation dans les institutions malgré leurs poids démographique qui remonte à 1960 avec le président Mokhtar Ould Daddah, le premier à lancer l’arabisation du pays. L’arabe est devenue la seule langue officielle. Une constitution au départ qui discrimine les langues nationales. Cet instrument hégémonique a renforcé la domination symbolique des groupes arabophones.
Après plus de 65 ans d’indépendance, le français historiquement la langue des élites négro-africaines et arabophones, est en train de disparaître du moins politiquement sur fond d’un pays membre actif de la francophonie. En aspirant à diriger cette institution, Ould Ghazouani qui est en train de parachever l’arabisation joue un double jeu. Cette incohérence est révélatrice d’une ambivalence politique qui s’inscrit dans un positionnement surtout pécuniaire au niveau des instances européennes et françaises voire diplomatiques. La Mauritanie a tout à gagner à reconnaître que sa richesse est dans sa pluralité — linguistique, culturelle, historique. Au lieu des faux-semblants.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 25 février 2026)
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