À Tasiast, pour un même travail il y a deux réalités
Des employés directs avec contrats stables et avantages sociaux. Et en parallèle, des Mauritaniens employés par des sous traitants, parfois sans contrat clair, sans assurance maladie, avec des salaires inférieurs et souvent payés en retard.
Dans plusieurs départements (Mine, Usine, Maintenance, Supply Chain, Sécurité), les postes sont en doublon. Cette situation institutionnalise l’injustice. Le plus grave c’est que l’Inspection du travail reste passive. Les ministères se renvoient la responsabilité. Personne n’assume.
La sous traitance ne doit pas servir à contourner le droit du travail. Elle devrait être limitée aux projets temporaires ou aux métiers très spécialisés. Un contrôle rigoureux, une numérisation des contrats et une vraie coordination entre les autorités suffiraient à corriger ces abus. La dignité des travailleurs mauritaniens ne doit pas être négociable. On nous parle de quotas de contenu local respectés. Nous avons surtout des intermédiaires commerciaux, pas une base industrielle solide. Pendant ce temps, la valeur ajoutée quitte le pays.
On a tous vu l’entreprise marocaine Optorg qui bénéficie de contrats de reconditionnement de moteurs, ce qui lui a permis d’investir dans un atelier aux standards internationaux au Maroc. Chaque mois, des moteurs quittent la Mauritanie pour être reconditionnés ailleurs, représentant des millions en valeur ajoutée. Pourtant, des acteurs liés à Caterpillar comme Mauritrac ou Neemba auraient pu développer cette capacité localement, former des techniciens mauritaniens et garder la richesse dans le pays. Le contenu local ne doit pas être un chiffre dans un rapport. Il doit être un levier d’industrialisation et de souveraineté économique. Il est temps d’exiger plus.
Khally Mamadou Diallo
Député du peuple
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