Mauritanie : KARAMA, le test de vérité de Ould Ghazouani sur les droits et la dignité humaine

La remise officielle, cette semaine à Nouakchott, des Mémorandums de plaidoyer en faveur de l’adoption du projet de loi KARAMA par les organisations de défense des droits humains et une partie de la société civile, est considérée par les observateurs comme un appel à rompre avec l’indifférence face aux violences faites aux femmes et aux inégalités.

Ce mémorandum de plaidoyer en faveur de Karama (qui signifie « dignité » en arabe), projet de loi mauritanien visant à renforcer la protection des femmes et des filles contre différentes formes de violences, notamment les violences sexuelles, est un premier test politique pour Ould Ghazouani, réélu en 2024. Depuis une décennie, cette loi est bloquée au parlement face à l’opposition de certains acteurs religieux et conservateurs qui considèrent que certaines dispositions pourraient être incompatibles avec leur interprétation de la charia. Les insuffisances actuelles du gouvernement exigent une réponse législative forte. Le débat dépasse aujourd’hui largement le cadre juridique. Pour les observateurs, il s’agit d’un modèle de protection que la Mauritanie doit offrir à ses citoyens. Pour l’instant, Ould Ghazouani préfère préserver un système dont les limites sont pourtant dénoncées depuis des années. La balle est dans son camp. La loi KARAMA ne doit pas être perçue comme une simple réforme juridique, mais comme un engagement politique en faveur de la dignité humaine, de la justice sociale et de l’effectivité des droits fondamentaux garantis par la Constitution et les engagements internationaux de la Mauritanie. Chaque retard prolonge la vulnérabilité des victimes de plus en plus nombreuses dans tout le pays.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 26 septembre 2026)

 

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