Lorsqu’une société élève et honore ses fils et ses filles qui se distinguent par des actions exemplaires, non seulement elle s’honorer elle-même, mais elle contribue également à consolider ses acquis et à bâtir les fondations d’un avenir meilleur.
Une communauté ne peut s’épanouir sans leaders, tout comme les leaders puisent leur force motrice dans leur communauté. Dans une relation profondément dialectique, les uns et les autres se renforcent mutuellement, au service de l’intérêt général.
C’est pourquoi cette cérémonie de reconnaissance, qui met en lumière la portée et la signification de cette relation, mérite d’être saluée avec la plus grande considération.
Le Maire-Sénateur Tidiane Bah Koita a délibérément choisi de défendre sa communauté, malgré les risques auxquels il s’exposait, en affrontant de manière frontale le dictateur Taya qui, tel un lion blessé, semblait plongé dans une rage incontrôlable, entraînant le pays dans une spirale de violence d’une ampleur inouïe. La suite, nous la connaissons : ce furent le génocide et les crimes contre l’humanité, dont les principaux responsables demeurent, à ce jour, impunis. Le plus choquant est que, le racisme d’État qui en est l’origine continue de sévir au grand jour.
Face à cette situation et en vertu de son statut de Maire-Sénateur et sa clarté morale, il a courageusement assumé ses responsabilités. « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir », écrivait Frantz Fanon.
En tant que seul élu de l’opposition, il a héroïquement accepté d’en être la voix, portant au niveau international le message des victimes et attirant l’attention de la communauté internationale sur leur sort.
C’est dans cet engagement qu’il participa à la deuxième Conférence mondiale sur les droits de l’homme, à Vienne, en Autriche, en juin 1993. L’un des résultats les plus importants était de cette rencontre historique la création du poste de Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, une institution qui allait donner un élan sans précédent à la protection et à la promotion des droits humains à travers le monde.
Comme l’a si bien écrit Tidiane Lassana Diagana : « Il apparaît comme un astre à un moment donné de notre histoire politique, pour avoir illuminé la ville de Kaédi, la région du Gorgol, la Mauritanie et l’extérieur. »
C’est dans le cadre de cette sensibilisation tous azimuts que nous avons eu l’honneur et la joie de l’accueillir aux Etats-Unis en 2002. Au-delà des meetings communautaires et des rencontres avec différents leaders, il eut l’occasion de partager son message au Département d’État et au Congrès américain.
Malgré le passage du temps, les souvenirs de ces moments demeurent vivaces. Chaque fois que je me rends à Nouakchott, je ne manque jamais de passer quelques moments avec lui. Mon dernier séjour, en juin 2026, n’a pas dérogé à cette règle sacrée.
Je ne saurais conclure sans adresser mes vifs remerciements aux membres du comité, qui ont eu la remarquable intelligence d’organiser cette cérémonie exceptionnelle pour célébrer ses accomplissements, et par la même occasion lui souhaiter longue vie pleine de santé.
Contrairement á toute considération matérielle, l’honneur et la reconnaissance n’ont pas de valeur monétaire. Ils constituent un patrimoine moral, une mémoire collective et un investissement dans l’avenir.
Bakary Tandia
Human Rights Advocate New York City, Août 23, 2026
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