Le 360.ma – Le Premier ministre, Moctar Ould Diaye, a présenté sa Déclaration de Politique Générale (DPG) devant les députés et répondu, tout au long du week-end, aux questions des élus. Un grand oral au cours duquel il a dressé le bilan de l’action gouvernementale et tracé les priorités ainsi que les perspectives pour la période 2025-2026.
À travers cet exercice, prévu par l’article 73 de la Constitution, le Premier ministre mauritanien est revenu sur les cinq piliers qui structurent les engagements du président Mohamed Cheikh El Ghazouani: État de droit et gouvernance, économie résiliente et durable, capital humain et jeunesse, cohésion sociale et unité nationale, sécurité et stabilité.
Devant les députés, le chef du gouvernement a affirmé que «92% des engagements pris au titre de l’année 2025 ont été exécutés, dont 74% intégralement».
Dieng Adama Boubou, député de l’INSAF, principal parti de la majorité présidentielle, rappelle que «le Premier ministre était venu nous voir au début de l’année 2025. Il est revenu aujourd’hui pour nous rendre compte de ce qui a été réalisé au regard des promesses faites». Il salue «un discours lucide et objectif, étayé par des actions concrètes», tout en soulignant que le Premier ministre «n’a pas versé dans l’euphorie». «Il a reconnu que certaines promesses n’ont pas été tenues et en a expliqué les raisons», ajoute-t-il.
Outre les réalisations matérielles, le député reconnaît également des avancées notables sur le plan immatériel, évoquant «des progrès en matière de gouvernance, des réformes visant la modernisation de l’administration et la lutte contre la corruption», ainsi qu’une évolution des rapports entre le gouvernement et l’opposition, «marqués par une concertation permanente, propice à un climat politique apaisé et favorable à l’approfondissement de la démocratie».
C’est dans cette logique qu’il situe «la perspective d’un prochain dialogue entre l’ensemble des forces politiques», en phase avec la volonté du président de la République.
Le député salue aussi «un discours qui a embrassé tous les thèmes, y compris le passif humanitaire, longtemps considéré comme un sujet tabou».
L’élu de l’INSAF cite enfin «des réalisations concrètes» et assure que «toutes les localités du pays ont bénéficié de projets dans des secteurs essentiels à la vie des populations».
Pour sa part, Balla Touré, député d’«Espoir Mauritanie», coalition de l’opposition, ne partage pas cette lecture. Il dresse le tableau d’«une Mauritanie où l’essentiel fait défaut»: difficultés persistantes dans l’éducation des enfants, fragilités du système de santé, accès aux moyens de subsistance, dépendance accrue aux importations. Il pointe en particulier le secteur halieutique, censé constituer un moteur de développement, mais qu’il juge «en grande difficulté», à l’image, dit-il, des pêcheurs artisanaux qui peinent désormais à exercer leur activité dans des conditions normales.
Selon lui, cette crise a des effets directs sur l’approvisionnement des marchés: «Les étals sont privés de poisson, y compris dans les villes côtières, et plus encore dans les localités de l’intérieur». En cause, avance-t-il, une orientation de la production vers l’industrie et l’exportation, «au détriment des impératifs de sécurité alimentaire des populations».
Le député de l’opposition plaide enfin pour «un renforcement du secteur primaire — agriculture et pêche —» afin de créer des emplois et de mieux lutter contre le chômage et la pauvreté.
Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Source : Le 360.ma
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