
Les observateurs ne sont pas surpris du récit du président Ould Ghazouni à Atar d’une Mauritanie en chantier, stable et tournée vers le développement.
En présentant un inventaire des réalisations publiques de son dernier mandat, le président mauritanien entend démontrer l’efficacité de son action. Le choix de l’Adrar est hautement symbolique dans cette région historique au Nord du pays qui constitue un espace de forte valeur politique de tous les locataires du palais de Nouakchott depuis 1960.
D’emblée, Ould Ghazouani a planté le décor dès son arrivée face à une foule qui devra capter le message de de stabilité, d’enracinement et de continuité du pouvoir. Comme les précédentes visites, l’unité nationale occupe une place importante. Ce discours consensuel tend cependant à diluer des problématiques structurelles qui continuent d’alimenter le débat public sur les inégalités territoriales, le chômage des jeunes et la marginalisation des composantes négro-africaines et harratines. Et comme d’habitude, beaucoup de sujets sensibles sont absents à Atar comme la redistribution des richesses, la transparence dans la gestion publique et les disparités sociales persistantes. Le défi de ce deuxième mandat, n’est plus seulement de construire des routes ou des réseaux, mais de répondre à une demande croissante de justice sociale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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