
En 2026, près d’une trentaine d’entreprises françaises opèrent en Mauritanie et créent près de 2000 emplois. Ce partenariat entre les deux pays relève en réalité d’une logique de captation de développement qui ne date pas d’aujourd’hui.
La présence des entreprises françaises en Mauritanie n’est pas le fruit du hasard. En réalité, elles sont les bras armés d’une influence néocoloniale qui perdure depuis l’indépendance. La France s’est installée dans les secteurs stratégiques comme énergie, eau, infrastructures, télécoms. Elle y impose aujourd’hui ses normes, ses technologies et ses prix. La valeur ajoutée repart vers Paris, tandis que la Mauritanie hérite de dettes, de technologies importées, d’une faible autonomie technique et d’une économie de rente qui profite à l’élite dirigeante. Cette présence française s’accompagne d’un lobbying discret mais puissant. Cette contradiction nourrit un sentiment anti‑impérialiste croissant, notamment chez les mouvements citoyens et les communautés marginalisées. La rupture avec ce modèle est une condition essentielle pour un autre développement sans tutelle économique étrangère.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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