Mauritanie : entre assistanat contrôlé et clientélisme

L’opération “Aoun”, lancée par le président mauritanien pour soutenir les catégories vulnérables suscite des interrogations des observateurs qui pointent un double discours, inclusion affichée et exclusion organisée.

Les autorités mauritaniennes aiment répéter que « la lutte contre la pauvreté et la corruption est une priorité nationale ». Elles multiplient les annonces, les inaugurations, les programmes aux noms séduisants comme le dernier programme dénommé « AOUN » destiné aux catégories les plus vulnérables. Mais derrière le vernis communicationnel, une réalité s’impose : les programmes sociaux et les investissements publics ne sont pas conçus pour transformer la vie des citoyens. Ils servent avant tout à stabiliser le pouvoir, à acheter la paix sociale, et à reproduire les hiérarchies ethno‑sociales qui structurent le pays depuis des décennies. Taazour, transferts monétaires, distributions alimentaires, couverture maladie annoncée : le gouvernement met en scène une politique sociale généreuse. Cette opération coûteuse avoisinant 12 milliards d’anciennes ouguiyas, est vendue par le gouvernement comme étant rentable et in fine maîtriser les dépenses publiques. Une politique sociale juste commencerait par reconnaître les injustices historiques et les réparer.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 16 juin 2026)

 

 

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