
Agence Ecofin – Alors que le système éducatif mauritanien reste confronté à des difficultés d’apprentissage, d’accès à l’école et de réussite scolaire, les autorités cherchent à moderniser les pratiques pédagogiques et à renforcer les capacités des enseignants.
La transformation numérique de l’éducation mauritanienne ne se limite plus à la gestion administrative. Les autorités s’intéressent désormais aux possibilités offertes par l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer les pratiques pédagogiques et renforcer les capacités des enseignants. Le lundi 19 octobre, à Milan, la ministre de l’Éducation et de la Réforme du Système d’Enseignement, Houda Babah (photo), a présenté cette orientation lors d’une rencontre ministérielle consacrée aux usages de l’IA dans l’éducation. Elle a souligné les objectifs d’amélioration de la qualité de l’enseignement, de développement des aptitudes de chaque enfant et de promotion de l’égalité des chances.
De la gestion des examens aux apprentissages
Cette évolution prolonge des initiatives engagées avant la rencontre de Milan. En avril 2026, les autorités avaient franchi une première étape dans la modernisation numérique de la gestion des examens. Le cadre national « L’intelligence artificielle au service de l’École républicaine », lancé le 20 janvier 2026 par la Première dame, Mariem Mohamed Fadel Dah, témoigne également de cette volonté d’explorer les applications de l’IA dans l’éducation en coordonnant les acteurs publics, privés et universitaires.
Le passage à des usages pédagogiques se pose toutefois dans un environnement où l’accès aux outils numériques reste limité. En novembre 2024, le ministère de la Transformation numérique annonçait que 20 écoles publiques des trois wilayas de Nouakchott avaient été équipées d’une connexion Internet haut débit par fibre optique. Le projet avait également permis de former plus de 160 enseignants du numérique issus des écoles normales d’instituteurs. En février 2025, la Banque mondiale relevait que seuls 19 % des écoles primaires mauritaniennes avaient accès à l’électricité et que la proportion d’établissements disposant d’un accès fiable à Internet était encore plus faible.
Des difficultés scolaires persistantes
Les résultats scolaires illustrent les difficultés auxquelles le système éducatif mauritanien reste confronté. Le taux de réussite à la session normale du baccalauréat est passé de 23 % en 2024 à 20,8 % en 2025, avant de tomber à 13,56 % en 2026.
Selon l’analyse budgétaire de l’éducation publiée par l’UNICEF en 2025, le taux d’abandon au primaire atteint 23,5 %, tandis que seuls 35 % des élèves accèdent au deuxième cycle du secondaire. Le rapport indique par ailleurs que 85 % des enfants âgés de 3 à 5 ans ne bénéficient pas d’un accès à l’enseignement préscolaire.
Les annonces officielles sur l’IA éducative ne précisent ni le budget consacré à cette initiative, ni le nombre d’établissements concernés, ni le calendrier de son déploiement. Elles ne détaillent pas non plus les indicateurs qui permettraient d’en mesurer les effets sur les apprentissages.
Félicien Houindo Lokossou
Source : Agence Ecofin
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