RFI – En Mauritanie, la fronde estudiantine ne faiblit pas. Le 26 octobre 2026, quatre coordinations ont observé une grève pour dénoncer les conditions de vie et d’études : transports trop chers, bourses insuffisantes, restauration défaillante et manque de logements décents. Une mobilisation qui n’aura duré qu’un quart d’heure, la police étant entrée sur le campus pour disperser les manifestants.
Voitures de police pourchassant des étudiants, fumée de grenades lacrymogènes saturant l’air, des étudiants courant dans tous les sens pour se mettre à l’abri : tel était le décor à l’université de Nouakchott, dans la capitale de Mauritanie, lundi 26 octobre.
Pour Dieynaba, étudiante en master 1, les conditions d’études sont devenues très difficiles : « L’université est très loin de la ville. Le transport était à 50 ouguiyas [1,11 euro, NDLR]. Depuis quelques années maintenant, ils ont mis ça à 300 [6,69 euros, NDLR], l’aller-retour étant à 600 [13,38 euros, NDLR]. Il y a des gens qui n’habitent même pas au carrefour [d’où partent les transports, NDLR]. Il faut qu’ils prennent d’autres voitures pour arriver au carrefour. Ça veut dire que ça va coûter plus de 1 000 [22,30 euros, NDLR]. Et ça, c’est très dur pour un étudiant qui n’a pas de bourse. En plus, des logements étudiants sont retirés pour être donnés aux non-étudiants. »
Yacoub, étudiant en deuxième année de licence, demande aux autorités de revoir à la baisse le coût du transport : « Tu ne peux pas te permettre d’étudier, parce que tu vas surtout réfléchir à comment obtenir un transport pour aller à l’université. La seule chose qu’on demande à monsieur le ministre des Transports, c’est de réduire leur prix, rien de plus. Nous ne sommes pas là pour boycotter quoi que ce soit. »
« Qu’ils nous enlèvent ces policiers-là »
Étudiante en master 1, Zeynab l’assure : ils ne cesseront leurs revendications qu’après avoir obtenu satisfaction. « On ne mérite pas de vivre comme ça. On est des étudiants. Surtout, on réclame qu’ils nous enlèvent ces policiers-là, parce qu’ici, c’est notre faculté, c’est notre territoire et nous y manifestons pacifiquement. Nous allons continuer à réclamer nos droits », conclut-elle.
En fin de semaine précédente, le ministre de l’Enseignement supérieur avait proposé de revoir à la baisse le prix du transport pour les étudiants. Une proposition jugée insuffisante, selon eux.
Source : RFI
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