
Le Calame – Trois mois après la réception, par le président de la République, du rapport du facilitateur du dialogue, monsieur Moussa Fall, les choses pourraient bouger sur le front des discussions espérées. Selon des informations qui circulent dans la capitale, une réunion se tiendra le jeudi 8 Janvier prochain autour de la question.
Des invitations ont été envoyées par le cabinet de la Présidence aux différents acteurs politiques ayant pris part à la phase préparatoire. Si l’on ne connaît pas, pour le moment, l’ordre du jour, on peut cependant imaginer que la rencontre portera sur le contenu du rapport du facilitateur et, éventuellement, la date du lancement du dialogue dont les préparatifs commencent à traîner en longueur. Les participants vont-ils amender ledit rapport et, partant, élaborer une nouvelle feuille de route ; ou le valideront-ils intégralement ? Le travail de l’équipe de Moussa Fall avait été jugé très judicieux et réussi ; celui-ci ayant souligné, au cours d’une conférence de presse, la similitude les propositions des acteurs politiques, ce qui peut constituer un atout pour la réussite de l’évènement.
La rencontre du jeudi se prépare depuis que le Palais a envoyé les invitations à cesdits acteurs. Vingt personnes de chaque camp siégeront auprès du président de la République en vue donc de plancher sur le contenu du fameux rapport. Les vingt de l’opposition sont réparties entre les partis représentés au Parlement et donc de l’Institution de l’opposition démocratique (IOD) : Tawassoul, FRUD, SAWAB ; les autres groupées autour de l’UFP.
À en croire diverses confidences, le choix des représentants des membres de l’IOD aurait fait grincer des dents : les critères ne seraient pas consensuels. Selon les informations recueillies auprès de quelques membres de l’opposition hors IOD, une commission sera dépêchée auprès du président de la République pour clarifier un certain nombre de points avant la rencontre de jeudi. Cette démarche laisse apparaître comme une faille dans le bloc de l’opposition en général, Tawassoul ayant réclamé le droit de remettre, lui seul, la feuille de route au facilitateur du dialogue. Malgré quelques frictions apparues lors de signature de ladite feuille consolidée, l’opposition avait certes réussi à parler quasiment d’une même voix. Mais les observateurs redoutent, aujourd’hui, un clash de dernière minute susceptible de faire capoter l’unanimité observée depuis que le processus a démarré.

Passer à une autre étape
L’optimisme reste en tous les cas de mise. La rencontre paritaire convoquée par le président de la République est interprétée comme un signe de bonne volonté, une réponse à la demande de l’opposition qui ne cesse, depuis le début du processus, de réclamer l’implication du Raïs. Non seulement elle confère au dialogue sa crédibilité, mais, aussi et surtout, garantit la mise en œuvre des recommandations consensuelles des participants. Il ne s’agit plus de préparer le dialogue ou de remettre en cause le travail de Moussa Fall, mais de passer à une autre étape, celle de générer les meilleures conditions pour le démarrage du colloque convoqué par le président de la République afin de trouver des solutions aux maux dont souffre le pays. Monsieur Mohamed ould Ghazouani semble bel et bien vouloir se donner toutes les chances d’y parvenir. Il a mainte fois réaffirmé son souhait de voir tous les acteurs politiques y prendre part et donc réussir ce que certains des faucons du système ne voudraient surtout voir se réaliser.
De fait, la Mauritanie a connu plusieurs dialogues sans guère d’effets. Le Raïs voudrait vaincre ce signe indien et se donner une autre légitimité, en réglant les gros problèmes : unité nationale, cohésion sociale, mauvaise gouvernance, injustices et exclusions,etc. ; consignés en faisceau dans le rapport du facilitateur. Oui, les Mauritaniens espèrent goûter de beaux fruits de ce débat répondant, tout-à-la-fois, à la demande de l’opposition et à une promesse électorale du marabout-président. Considéré comme le pacificateur des tensions entre le pouvoir de son prédécesseur et l’opposition démocratique, le président de la République veut marquer son dernier mandat du sceau de la normalisation de l’arène politique. Pourvu que tous les acteurs de celle-ci lui en donnent la chance ! Et, au-delà de lui, à tous les Mauritaniens de voir enfin se réaliser leur nation commune.
Dalay Lam
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