
Ce qui se passe aujourd’hui en Mauritanie, c’est une série de répression ou d’arrestation de militants surtout du mouvement abolitionniste IRA, de blogueurs, de journalistes voire des députés et militants des droits de l’homme ou de hauts gradés de l’armée. La liste est longue pour un régime qui se proclame démocratique.
Incontestablement, le régime de Ould Ghazouani s’est bâti sur une architecture de répression, bien pensée depuis 2019 et bien assumée en 2024 avec les quatre jeunes de Kaédi assassinés pour avoir manifesté contre sa réélection. Il a fait du contrôle de la parole son principal cheval de bataille, un instrument de survie politique. Le chef de l’exécutif a ainsi transformé la loi en arme contre les citoyens en arrêtant et emprisonnant les militants des droits de l’homme en particulier les militants du mouvement abolitionniste IRA, les journalistes, les bloggeurs voire de hauts gradés de l’armée. C’est ainsi que les lois sur la cybercriminalité servent de filet pour attraper les voix dissidentes. Les accusations de “diffamation”, “atteinte à l’honneur”, “trouble à l’ordre public” sont devenues des cartouches judiciaires pour faire taire les journalistes. La liberté d’expression est étouffée pour protéger un système autoritaire. Les observateurs pointent le double discours de Ould Ghazouani qui consiste à faire croire que la Mauritanie est un pays démocratique alors qu’il pratique la répression en coulisses. La liberté d’expression est sacrifiée pour préserver une image diplomatique.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

