Mauritanie : ce que révèlent les occupations illégales des espaces publics à Nouakchott

L’opération de déguerpissement des constructions dites « illégales » à Nouakchott, engagée cette semaine par le gouvernement, est un révélateur puissant des contradictions de l’État mauritanien.

Cette gouvernance à vue qui remonte à 2019 laisse apparaître un urbanisme improvisé, des inégalités structurelles, un clientélisme foncier et enfin une absence de politiques sociales. Cette opération de déguerpissement des espaces publics n’est pas nouvelle. Cette dernière s’inscrit dans le cadre de la modernisation de la capitale qui laisse planer un État appliquant la loi de manière sélective : les quartiers populaires sont visés, jamais les villas construites sans permis par les élites. Ce qui veut dire que les déguerpissements touchent principalement des familles pauvres et des ménages sans réseau tribal protecteur. C’est le foncier inaccessible sans piston et sans argent qui est pointé du doigt par les observateurs. Il s’agit donc d’un instrument de gouvernement, pas d’une politique urbaine. Sans un relogement réel autrement dit une politique d’habitat social des déguerpis, cette opération restera une violence d’État maquillée en urbanisme.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 21 avril 2026)

 

 

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