Mauritanie : ce que révèle la dépendance de Nouakchott aux financements extérieurs

Parmi les pays les plus dépendants de l’aide extérieure en Afrique subsaharienne, figure en bonne place la Mauritanie. Cette dépendance est le fruit d’une politique qui remonte depuis les premières heures de l’indépendance et exacerbée par l’accession au pouvoir de Ould Ghazouani en 2019.

C’est le ministre mauritanien des affaires économiques et du développement qui alerte en mettant en garde les pays africains contre les risques liés à leur financement étranger qui peut se transformer en tutelle financière. Cette fuite en avant à l’occasion de la table ronde de la BAD à Brazzaville, remet à l’ordre du jour les bailleurs comme substituts de l’Etat. En effet, la Mauritanie reste l’un des pays africains et arabes, champion de l’aide extérieure avec des bailleurs qui financent de plus en plus depuis 2019, les écoles, les manuels, les formations d’enseignants pour venir en aide à sa réforme du système éducatif. Ensuite les routes, les adductions d’eau, les stations solaires, l’électrification rurale, la construction des centres de santé, des hôpitaux pour la réussite du programme prioritaire de Ould Ghazouani et en première ligne la modernisation de Nouakchott qui coûte cher aux contribuables. Les bailleurs rédigent même les stratégies nationales. L’Etat devient ainsi un gestionnaire des projets de développement et non un producteur de politiques publiques. Cette dépendance développe une économie parallèle au profit de l’élite dirigeante. Les grands perdants sont les citoyens, les services publics et les territoires marginalisés.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 28 mai 2026)

 

 

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