Depuis hier {jeudi 25 juin], je lis tout et n’importe quoi sur Aïssata Laam.
Une chose devient évidente : la Mauritanie mérite peut-être encore le surnom de « pays du million de poètes », mais elle ressemble parfois davantage au pays du million de Hassade .
Certains affirment qu’elle n’aurait passé que 21 jours à Harvard. D’autres prétendent qu’elle n’aurait obtenu qu’un simple certificat. Si des précisions doivent être apportées sur la nature exacte d’une formation, elles doivent l’être avec rigueur et honnêteté, pas à coups de rumeurs, d’approximations ou de publications anonymes.
Mais au fond, est-ce vraiment cela le sujet ?
Avec ou sans Harvard, Aïssata Laam n’a pas attendu un logo prestigieux pour démontrer ses compétences. À la tête de l’Agence pour la Promotion de l’Investissement en Mauritanie (APIM), elle a contribué à attirer des investisseurs et à accompagner plusieurs projets structurants.
L’exemple de l’hôtel Sheraton est révélateur. Le projet repose principalement sur la SNIM et des investisseurs mauritaniens, avec une participation plus limitée d’investisseurs étrangers. L’APIM a délivré le certificat d’investissement, contribué à lever plusieurs blocages avec les sous-traitants et facilité les démarches ayant permis la finalisation du financement avec IFC (International Finance Corporation). De 2022 jusqu’à l’ouverture de l’hôtel, ce projet a bénéficié d’un suivi rapproché.
Il y a un an déjà, je saluais son admission au prestigieux Master in Public Administration (MPA) de la Harvard Kennedy School, une école mondialement reconnue pour la formation des dirigeants publics. Si cette admission se confirme, elle ferait partie des premières Mauritaniennes à accéder à un tel niveau dans cette institution, ce qui constitue déjà une performance remarquable.
Malheureusement, j’ai le sentiment que les attaques qu’elle subit dépassent largement la simple question de Harvard.
Il y a d’abord ceux qui lui reprochent son soutien au président de la République. Pourtant, dans une démocratie, chacun est libre de soutenir le responsable politique de son choix. C’est un droit fondamental.
Il y a ensuite ceux que dérangent son parcours, ses diplômes, sa proximité avec les plus hautes autorités de l’État ou son ascension professionnelle.
Et il y a enfin une réalité qu’il ne faut pas ignorer : certains acceptent difficilement qu’une femme mauritanienne réussisse, dirige et s’impose dans des sphères de décision longtemps réservées aux hommes.
On peut critiquer ses choix politiques, ses décisions ou son action publique. C’est le principe même du débat démocratique.
En revanche, vouloir systématiquement réduire ses réalisations, remettre en cause chacune de ses réussites ou transformer chaque distinction en polémique relève davantage de la jalousie que de l’esprit critique.
La Mauritanie progressera le jour où nous apprendrons à célébrer les réussites de nos compatriotes avec la même énergie que celle que certains déploient aujourd’hui pour les discréditer.
Souleymane Hountou Djigo
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