Deutsche Welle – Il est musicien mais aussi entrepreneur et activiste. Sahad Sarr est le fondateur du groupe eponyme SAHAD. Il fusionne l’afrobeat, le jazz, le blues et le funk avec des rythmes ouest-africains… Pour lui, la musique c’est de la culture à l’état pur : elle façonne les gens et transmet les traditions.
« Au baptême, il y a la musique. Au décès, il y a la musique. Au mariage, il y a la musique. Pour célébrer tout ce qui se célèbre en société, il y a la musique. La musique occupe une place primordiale dans l’imaginaire des gens en société au Sénégal », ajoute Sahad Sarr.
Sahad Sarr s’engage à préserver et à faire évoluer les traditions culturelles du Sénégal. Après l’indépendance, le Sénégal a connu dans les années 70 et 80 ce qu’on appelle l’âge d’or — une période durant laquelle l’Afrique de l’Ouest a redécouvert son patrimoine culturel. Dans son dernier album “African West Station”, Sahad Sarr célèbre cette époque ainsi que Dakar, centre de cet élan culturel.
« Dakar a toujours accueilli tous les peuples ouest-africains et africains. Et chacun, en venant, a apporté une vibration, une énergie, une manière de penser la musique et la culture. Cela fait de Dakar une ville culturellement très prolifique, avec de nombreuses influences. C’est une ville ouverte, avec des musulmans empreints de sagesse. Un pays soufi. Dakar possède quelque chose de spécial dans l’art : son énergie, ses habitants et son histoire lui donnent une identité unique », raconte le musicien.
Une déclaration d’amour à sa ville natale Dakar, tout en évoquant aussi ses zones d’ombre — en wolof, la langue parlée par la majorité au Sénégal. Comme il mélange les styles musicaux, Sahad combine aussi plusieurs langues.
Il donne des concerts en Europe et en Afrique. Il se produit également au festival Stereo Africa, qu’il a fondé en 2022. » Stereo » symbolise la diversité et la richesse. Le festival vise à renforcer et connecter la scène musicale alternative africaine.
Coopération internationale
Il met aussi son expertise au service de partenariats internationaux — notamment avec l’Institut Goethe de Dakar. Marie-Pierre Thiam y coordonne le projet Africa-Europe Partnerships for Culture, financé par l’Union européenne à hauteur de 24 millions d’euros.
« Alors c’est un projet qui vise à aider la collaboration, la coopération entre les acteurs culturels. Donc précisément, on passe par les festivals. Donc sachant que les festivals, c’est vraiment là où se recoupent tous les acteurs de l’écosystème culture que ce soit les artistes, les metteurs en scène, etc., les techniciens. Donc voilà un peu sur le projet. »
Sahad Sarr veut créer des liens, bâtir et renforcer des réseaux autonomes et indépendants, et proposer une alternative à la domination du Nord global. Il souhaite encourager la jeunesse sénégalaise à rester et à contribuer au développement de son pays.
Engagé socialement et politiquement, il est convaincu que la musique peut profondément influencer les individus.
Sahad Sarr ou la puissance de la langue musique ! Grâce à elle, il apporte du réconfort aux gens et à son pays natal, le Sénégal.
Source : Deutsche Welle (Allemagne)
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