Mauritanie – Abdel Kader N’Daw, une vie au service du Sport et des valeurs

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce petit billet sur mon frère et ami Abdel Kader N’Daw, qui a pris sa retraite ce 31 décembre 2025. L’exercice était difficile, car parler de lui au passé m’était presque impossible. Et puis, comment trouver les mots justes pour qualifier un homme dont le parcours force naturellement le respect ?

Abdel Kader, c’est avant tout un ami d’enfance. Nous avons tout partagé, tout traversé ensemble, et nous continuons encore aujourd’hui à avancer côte à côte. Pour les Ksarois avertis, dire qu’il est un « Super Deuz » suffit largement. Pour les autres, il faut rappeler qu’il fut un immense attaquant du Ksar et des Mourabitounes, un buteur redouté, respecté. Peu de gens savent d’ailleurs qu’il est l’auteur du tout premier but officiel inscrit lors de l’inauguration du Stade Olympique en 1983. Un moment d’histoire, gravé à jamais.

Grand sportif, Abdel Kader a vu sa brillante carrière de joueur brutalement freinée par une grave blessure au genou. Mais fidèle à ses valeurs et à son amour du sport, il a choisi de servir autrement. Il s’est orienté vers le secteur de la Jeunesse et des Sports, obtenant en Tunisie son diplôme de professeur d’éducation sportive, option football. À son retour, il a occupé le poste de chef de service à la Direction des Sports.

Toujours passionné de football, il a ensuite entraîné plusieurs équipes, dont celle du Ksar, ainsi que des catégories de jeunes, notamment dans le cadre du COTIF. Mais homme droit, intègre, peu enclin aux compromis, il a très vite refusé les ingérences de certains dirigeants dans son travail d’entraîneur. Fidèle à ses principes, il a préféré jeter l’éponge et se consacrer pleinement à sa carrière administrative.

Il gravira alors les échelons : Directeur adjoint du Complexe du Stade Olympique, puis Délégué de la Jeunesse et des Sports. En 2020, ironie du sort, il est affecté comme simple cadre au Complexe du Stade Olympique, là même où il terminera sa carrière. Et ce, sans jamais se plaindre, malgré le fait qu’il était l’un des cadres les plus gradés du secteur encore en poste.

Malgré tout, Abdel Kader est resté fidèle à lui-même : humble, discret, digne. Il monte et descend chaque jour, partageant son temps entre le travail et la mosquée de son quartier, où il officie avec dévouement comme muezzin. Une autre forme de service, tout aussi noble.

Mon ami, je te souhaite bonne chance pour cette nouvelle étape de ta vie. Sache que la retraite n’est pas une fin, encore moins une fatalité. Tes compétences, ton expérience et surtout tes valeurs peuvent encore servir. Tu as marqué le sport, les institutions et les hommes — et cela, rien ni personne ne pourra jamais l’effacer.

 

 

Mohamed Feily

 

 

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