Mamadi Doumbouya, le géant fragilisé / Par Tijane Bal

Mamadi Doumbouya est donc malade. Peut-être même très malade. Quand les autorités d’un pays en arrivent à demander officiellement des prières, c’est que la situation est sérieuse. Quand, maladroitement, l’armée réaffirme, tel un acte manqué, sa loyauté, on en conclut le contraire et on se dit que, oui, c’est sérieux. Il n’y a évidemment rien de honteux à être malade.

On notera qu’à la différence de son homologue camerounais, l’âge, ici, n’est pas en cause. Doumbouya aura 42 ans le 5 décembre prochain. Que dire? Que la maladie fait partie de ces choses qui vous ramènent à des limites humaines et à des impératifs d’humanité minimale que nombre de dirigeants africains ont souvent tendance à ignorer. La maladie, parce qu’elle fragilise, »humanise » et impose la force du réel. À Doumbouya comme à Mohamed Ould Abdel Aziz. Le corps qui vous lâche révèle, malgré la gloire passée, les solennités de façade, les petits arrangements et tout le décorum, votre banale vulnérabilité.

Cela est particulièrement saisissant pour un homme comme Doumbouya dont l’envergure physique fut longtemps un atout et l’expression, peut-être involontaire,d’une sorte de virilisme ou de masculinisme à l’africaine. À présent, tout cela est futile. Bon rétablissement à l’homme Doumbouya et stabilité à la Guinée

 

 

Tijane BAL pour Kassataya.com

 

 

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