«La langue est un ensemble de signes permettant une communication ». Donc le langage est le propre de l’humain. Et une langue n’appartient pas uniquement à une communauté : elle appartient à toute personne qui la pratique, la fait vivre et la partage comme je le martelais un 22 septembre : une journée décidément choisie par l’Unesco pour acclamer la langue sooninké.
De ce fait, la journée d’hier était la journée internationale de la langue sooninké (Sooninkanxanne Kotaloogonte). Des pionniers comme, Yakouba Diagana Ousmane Moussa Diagana – linguiste et universitaire- , Adama Dramé – chercheur/égyptologue soninké-, Ousmane Bocar Diagana, Diagana Yakouba (qui rappelait depuis les années 90 l’importance de la transcription pour quitter la tradition orale à la recherche du savoir et l’écriture en sooninké!), Diadié Soumaré, Mohamedi Timéra, Anne-Marie Capus (pour la vulgarisation!), Pr Anna-Marie Diagne -linguistique-, Fatimata Bintou Rassoul Kane -chercheuse-, Harouna Fall (chroniqueur), Suraqe Jara (membre de l’Association mauritanienne pour la promotion de la langue et de la culture soninké), Abdoulaye Waiga, Yaya Camara, Diadia Sira, Fodyé Cissé, Oudiary Makan Dansokho, Nyanguiri Kanté, Bouba Touré, les religieux comme Madiakho Tandjigora qui a interprété le coran en sooninké, Yero Sylla et tant d’autres femmes et hommes ont écrit et exploité le champs de cette langue.
A propos de Yero Sylla, Seyre Sidibe affirme : « Le grand frère Yero Sylla est un intellectuel et un fervent défenseur de la langue et de la culture soninké. Il a sûrement compris que la première ligne de défense d’une culture, d’une langue et d’une communauté sociolinguistique est le respect et la considération que l’on accorde à ses membres, au-delà de toute « catégorisation ».
Personne ne peut reprocher le moindre grief au grand frère Yero Sylla, de Diougountouro à Sélibaby, Maghama, Kaédi, Kidira, jusqu’aux États-Unis. Véritable ambassadeur de la langue soninké, il n’a jamais cherché à être médiatisé ni à être chanté, comme cela est de coutume dans nos contrées.
Son calme est fascinant et son éloquence, aussi bien en français qu’en soninké, est attrayante et accrocheuse.
Malheureusement, chez nous, la courtisanerie et l’orgueil ont pris le dessus sur la vertu et l’excellence. Un signe qui présage d’une société en péril. »
Souleymane Sidibé
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