AFP – Ebola provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. Le redoutable virus a fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années.
L’OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à la nouvelle flambée d’Ebola en RDC, vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants, et va réunir mardi son comité d’urgence pour faire le point sur l’épidémie.
L’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a déclaré lundi soir une « urgence de santé publique » continentale.
Peu d’échantillons ont pu être testés en laboratoire à ce jour et les bilans en RDC s’appuient principalement sur des cas de suspicion.
« Nous avons comptabilisé à peu près 131 cas de décès » au total et « nous avons à peu près 513 cas suspects », a déclaré mardi Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé de la RDC à la télévision nationale.
« Les décès que nous donnons, ce sont tous les décès que nous avons retrouvés dans la communauté sans nécessairement dire qu?ils sont tous liés à Ebola », a-t-il précisé.
Le précédent bilan du ministère congolais de la santé faisait état de 91 décès et 350 cas suspects.
La souche du virus responsable de l’épidémie actuelle est appelée Bundibugyo. Il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour ce variant.
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© AFP Une affiche d’information indique les numéros d’urgence liés à Ebola,dans une tente au poste-frontière de Busunga, entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo, à Bundibugyo, le 18 mai 2026. |
Les mesures pour tenter d’endiguer sa propagation reposent donc essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas pour limiter les contacts.
« Trafic intense »
L’épicentre de l’épidémie se situe en Ituri, province du nord-est congolais, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Dans cette région aurifère en proie aux violences des groupes armés, d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière ont lieu quotidiennement.
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© AFP Un agent sanitaire à la frontière du poste de Busunga, entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo, prend la température d’un voyageur à l’aide d’un thermomètre infrarouge sans contact à Bundibugyo, le 18 mai 2026. |
Le virus s’est déjà propagé au-delà des frontières de l’Ituri et de la RDC.
« L’alerte malheureusement a trainé dans la communauté, parce qu’il y a eu une pensée que c’était une maladie mystique, et donc à cause de ça, les malades n’avaient pas été amenés à l’hôpital », a indiqué M. Kamba.
Des cas suspects ont été signalés à Butembo, carrefour commercial situé dans la province du Nord-Kivu voisine de l’Ituri, à environ 200 km du foyer de l?épidémie, a-t-il ajouté.
Un cas a également été recensé à Goma, grande ville de l’est congolais contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23 et capitale du Nord-Kivu.
« Vus l’intensité des mouvements et des échanges facilités de trafic intense entre les zones touchées et la province du Nord-Kivu, la population se trouve extrêmement exposée au risque de cette maladie mortelle », a déclaré lundi le gouverneur militaire du Nord-Kivu dans une allocution.
Un cas et un décès ont aussi été enregistrés en Ouganda, selon le gouvernement. Il s’agit de deux Congolais qui avaient voyagé depuis la RDC, aucun foyer d’épidémie local n’a été signalé.
Washington a annoncé lundi la mise en place de contrôles sanitaires pour les voyageurs aériens en provenance des pays touchés en Afrique et restreindre temporairement l’attribution de visas pour les étrangers ayant voyagé dans ces zones.
L’Allemagne a annoncé mardi qu’elle allait « accueillir et soigner » un patient américain ayant contracté Ebola en RDC.
Kinshasa (AFP)
Source : Courrier international (France)
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