Info Migrants – Vingt-et-un corps de migrants ont été retrouvés dans un charnier à Ajdabiya, dans le nord-est de la Libye, selon des médias locaux citant une source gouvernementale. Les victimes étaient retenues dans une ferme de la région transformée en « lieu de détention pour migrants clandestins ».
L’Agence de sécurité intérieure (ASI) d’Ajdabiya, dans le nord-est de la Libye, a fait état mercredi 14 janvier dans la soirée de la « découverte d’une fosse commune contenant les corps de 21 personnes de diverses nationalités africaines », a indiqué la chaîne de télévision libyenne al-Masar.
Selon ce média, loyal à l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar, « une enquête a permis d’identifier un suspect de ces homicides, un ressortissant libyen aux antécédents judiciaires, arrêté lors d’un raid mené dans une ferme » ayant servi de « lieu de détention pour migrants clandestins ».
Des photos et une vidéo – qui n’ont pu être authentifiées – ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias locaux, montrant des corps entassés et plus d’une dizaine de sacs mortuaires alignés sur le sol.
جهاز الأمن الداخلي #اجدابيا يعلن العثور على مقبرة جماعية تضم 21 جثمانًا لأشخاص من جنسيات أفريقية مختلفة pic.twitter.com/bhijd5NZ85
— تلفزيون المسار – Almasar TV (@almasartvlibya) January 14, 2026
Dans cette « ferme », des migrants « dans un état critique » – certains présentaient des blessures par balle – ont été secourus et hospitalisés après avoir signalé l’emplacement du charnier aux autorités, d’après les médias dont aussi la chaîne indépendante Al Wasat.
Des équipes médico-légales ont été déployées sur place pour exhumer les corps, identifier les victimes, et recueillir des preuves des sévices subis.
D’autres fosses communes découvertes ces dernières années
Ce n’est pas la première fois que des fosses communes sont découvertes en Libye. En juin 2025, plus de 80 corps, dont certains carbonisés, avaient été découverts dans le quartier d’Abu Salim, dans la banlieue de Tripoli, en Libye. Selon le Haut-commissariat aux Nations Unies, des instruments suspects de torture et de maltraitance ont été découverts sur place. L’ONU avait alors demandé que ces sites soient scellés pour permettre des enquêtes médico-légales.
En février 2025, près d’une centaine de corps avaient été retrouvés pendant plusieurs jours dans les régions désertiques de Jikharra et de Kufra, dans le sud-est libyen.
Une enquête avait permis d’identifier l’existence d’une « bande dont les membres séquestraient des migrants irréguliers, les torturaient et les soumettaient à des traitements cruels, dégradants et inhumains », avait expliqué le bureau du procureur général libyen.
« Les migrants et les demandeurs d’asile, y compris les enfants, continuent d’être victimes de graves violations des droits de l’Homme en Libye […] La découverte alarmante et tragique de charniers à la suite de raids sur des sites de trafic d’êtres humains met en lumière le grave danger auquel sont confrontés les migrants en Libye », avait alors déploré la sous-secrétaire générale de l’ONU pour les Affaires politiques Rosemary DiCarlo lors d’un discours devant le conseil de sécurité des Nations unies.
En mars 2024, une fosse contenant « au moins 65 corps de migrants » avait été découverte dans la zone désertique d’Al Shwayrif, dans le sud-ouest de la Libye, avait rapporté l’OIM. Les migrants avaient probablement péri alors qu’ils traversaient le désert pour rejoindre les côtes du nord du pays.
En Libye, les exilés sont des proies faciles. Interpellés dans les rues par les autorités ou enlevés par des milices, ils sont envoyés dans des prisons officielles ou non et y subissent toutes sortes de tortures. Lors des sévices, les bourreaux appellent les familles des exilés afin qu’ils payent pour leur libération.
Ces dernières années, InfoMigrants a récolté des dizaines de témoignages de Subsahariens rapportant les violences subies dans les centres de détention du pays.
Source : Info Migrants (France) – Le 15 janvier 2026
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