– Avec ses immeubles modernes et ses commerces de style occidental, le quartier Victor-Hugo de Marrakech est très prisé des expatriés. Inès (toutes les personnes citées par un seul prénom ont requis l’anonymat), 28 ans, originaire de Tours, nous a donné rendez-vous dans un salon de thé situé à deux pas du lycée français. Derrière les vitrines, les viennoiseries jouxtent les pâtisseries marocaines. La femme est élégamment vêtue. Elle porte un hidjab de couleur crème. Lorsqu’elle entre, un serveur l’accueille poliment, lui désigne une table et lui tend délicatement la carte. Ce traitement, elle dit l’avoir rarement reçu en France, en dehors des commerces tenus par des personnes racisées, comme elle. « Parfois, on nous assurait que c’était complet, alors qu’il y avait des tables libres, déplore-t-elle. Et, si on insistait, on nous installait tout au fond de la salle. »
Ce genre de discriminations, elle confie en avoir vécu en nombre en France, son pays de naissance. Pour fuir ces injustices à répétition, elle s’est installée au Maroc à l’été 2025, avec son mari et leurs deux fils. Le couple de Français a, un temps, imaginé vivre à Londres, avant d’être découragé par le coût de la vie. Bahreïn et Dubaï (Emirats arabes unis) ont également été envisagés pour l’exil. Ils ont finalement jeté leur dévolu sur le pays d’origine de leurs familles.
En quelques jours, ils ont trouvé un appartement et inscrit leur fils aîné dans une école trilingue privée. Leur parcours est loin d’être un cas isolé. Comme eux, d’autres Français de parents immigrés font, en quelque sorte, le chemin inverse, et élisent domicile dans le pays de leur famille, le plus souvent en Europe, au Maghreb ou en Afrique subsaharienne. Ils se définissent eux-mêmes comme des « repats » – pour « repatriés », bien qu’il s’agisse en réalité de Français qui s’expatrient.
Absence de statistiques
Si ce phénomène de « repatriation » a récemment été identifié par des chercheurs, il est encore difficile d’en mesurer l’ampleur. « Les études migratoires sont un champ de recherche pluridisciplinaire très axé sur les migrations qui arrivent en France, ou les migrations en général qui partent depuis les “Sud”, explique Brenda Le Bigot, géographe à l’université Gustave-Eiffel. Les travaux sur les migrations qui partent de France ou des “Nord” sont encore peu nombreux. Depuis une dizaine d’années, on constate l’émergence d’un sous-champ de recherche au sein des études migratoires dites “privilégiées”, dans lequel s’inscrivent des travaux sur les Français qui partent de France. »
Entre deux bouchées de flan à la pistache dans son salon de thé de Marrakech, Inès, la Tourangelle diplômée d’un master en ressources humaines, raconte son ras-le-bol des discriminations en France, notamment en entreprise. Elle a parfois senti que le fait d’être issue de l’immigration et de confession musulmane limitait ses chances d’être recrutée.
Et elle conserve le souvenir douloureux d’une pratique ouvertement stigmatisante. « Dans le cadre de mon bachelor, j’ai fait une alternance dans une entreprise de rénovation de l’habitat, relate-t-elle. Je devais recruter des commerciaux et j’ai eu à faire quelque chose d’illégal. On m’avait donné une grille de critères complètement discriminants : pas de femmes, pas d’Arabes, pas de Noirs. Comme ils ciblaient les personnes âgées, on devait recruter ce qu’ils appelaient le “bon petit-fils”. Le candidat idéal, c’était le blondinet, blanc, qui s’appelle Jules. »
Las de vivre dans un pays dans lequel ils se sentaient régulièrement rejetés, voire en danger, Inès et sa famille ont opté pour le départ. « Nous ne sommes pas partis parce que nous détestons la France, mais parce que nous nous sentions détestés dans un pays que nous aimons », tient à préciser la Marrakchie d’adoption. Combien sont-ils à opter pour la même démarche ? Les statistiques ethniques étant interdites en France, il n’existe pas de chiffres précis. « Le phénomène existe et pourrait être amené à s’amplifier dans les années à venir », constate simplement Christian Lequesne, professeur à Sciences Po et auteur du livre Le Diplomate et les Français de l’étranger. Comprendre les pratiques de l’Etat envers sa diaspora (Les Presses de Sciences Po, 2024).
« Ecœuré »
Abdel est un homme pressé. En marchant d’un pas vif dans les ruelles de la médina de Marrakech, entre deux rendez-vous d’affaires, il répond en arabe aux commerçants qui l’interpellent, en français ou en anglais, pour lui proposer leurs marchandises. « Ici, ils me prennent encore pour un touriste, c’est dingue ! », dit-il en riant. Devant un thé à la menthe, dans un café de la place des Epices, il déroule son parcours : fils de parents marocains d’un milieu aisé, il a grandi à Paris et étudié dans une grande école de commerce.
Avec sa femme, française, et leurs enfants, ils ont posé leurs valises au Maroc, il y a un peu plus d’un an. Et, cette fois, pas pour des vacances, mais pour une durée indéterminée. « C’était devenu vraiment difficile, se désole l’entrepreneur de 49 ans. Mon fils de 16 ans s’est pris deux contrôles au faciès dans la même semaine, devant sa copine. Il a vécu ça de façon très humiliante. En France, tu peux faire tous les efforts du monde, tu resteras toujours, au mieux, le petit Arabe sympa, au pire, le voyou dont il faut se méfier. C’est fatigant, on ne te prend jamais vraiment au sérieux. »
En décembre 2024, alors que le déménagement est en cours, une information vient confirmer la décision de la famille. Le Monde révèle qu’Emmanuel Macron a employé le terme « rabzouz » pour parler des Français d’origine maghrébine et qu’il a tenu des propos jugés racistes, tels que : « Le problème des urgences dans ce pays, c’est que c’est rempli de Mamadou [des propos démentis par la présidence de la République, le 20 décembre 2024]. » « J’ai voté Macron deux fois, moi ! Ça fait mal !, s’emporte Abdel. J’étais écœuré de lire ça, écœuré ! Si même au sommet de l’Etat on se permet ça, c’est qu’il n’y a aucun espoir. » La famille s’est faite à sa nouvelle vie, le plus dur ayant été de se séparer d’amis à Paris, notamment pour les deux adolescents. Mais Abdel est certain d’avoir pris la bonne décision : « Venir ici, c’était mettre les enfants en sécurité, assure-t-il. Le fait de ne plus vivre avec la crainte que mon fils soit traité de sale Arabe, ça n’a pas de prix. »
« Marron comme du caca ? »
Les préoccupations liées aux enfants sont au cœur de nombreux parcours de repats, motivés par le désir de les protéger et celui de leur faire découvrir le pays de leurs ascendants, tout en contribuant à son développement économique. Diana, ingénieure qualité de 43 ans, a emménagé il y a quelques mois à Cotonou, au Bénin, le pays de ses parents, avec ses enfants. Par téléphone, elle dépeint le racisme subi par son aîné, dès la maternelle, dans le petit village de la région lyonnaise où ils vivaient.
« Un jour, il devait avoir 4 ou 5 ans, il m’a confié que personne n’avait voulu jouer avec lui, car il était l’intrus, celui qui n’est pas comme les autres, se remémore-t-elle. Là, on se dit qu’on fait partie des minorités visibles, et que c’est quelque chose qu’il va falloir gérer. C’est la première claque dans la figure. Je connais ces remarques, parfois j’en laisse passer, alors que je ne devrais pas, pour ne pas gaspiller d’énergie. Mais quand ça touche à nos enfants, c’est autre chose. » Un autre jour, en rentrant de l’école, le petit garçon rapporte qu’un enfant lui a dit qu’il était « marron comme du caca ».
Diana estime aussi que son fils, en primaire, est puni plus souvent et plus sévèrement que ses camarades. « Donc, j’ai sorti mes enfants du public pour les mettre dans le privé. Et, lors de l’entretien avec la directrice, je me suis assurée qu’elle avait une bonne manière de traiter la différence. » Hélas, malgré une gestion satisfaisante des questions d’égalité au sein de l’école, son fils n’échappe pas aux remarques haineuses. « Rentre dans ton pays ! », lui lance, un jour, un élève. Le sentiment que la parole raciste s’est libérée entre les deux tours des élections législatives de 2024 achève de convaincre Diana de partir : « Je ne voulais pas vivre comme aux Etats-Unis où, à chaque fois que ton gamin noir est dehors, tu pries pour qu’il rentre. »
Ce qu’elle décrit fait écho à la notion développée par la journaliste d’origine congolaise Douce Dibondo dans son essai La Charge raciale. Vertige d’un silence écrasant (Fayard, 2024). Cette « charge », qui est due à la seule couleur de peau des personnes qui la supportent, pèse parfois dès l’école maternelle. Elle englobe à la fois les microagressions que constituent certains regards, le fait d’être constamment interrogé sur ses origines ou soumis au désir des autres de toucher sa chevelure crépue, mais aussi les violences physiques.
Selon une enquête de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme publiée le 9 avril, en partenariat avec l’institut de sondage IFOP, 80 % des personnes « perçues comme “noires” » disent avoir été exposées aux violences et aux discriminations raciales, de même que 70 % des personnes « perçues comme “arabes” » et 60 % des « métis ». Entre la progression de l’extrême droite et la désignation récurrente de boucs émissaires par certains médias, pour les personnes racisées, le climat est lourd.
Redécouvrir ses racines
Si se prémunir contre les discriminations est au cœur de ces mouvements, c’est loin d’en être le seul moteur. Kara Diaby a grandi dans l’Oise et vit aujourd’hui à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le pays d’origine de ses parents. Diplômé d’une école de commerce à Marseille, il a rapidement eu le sentiment d’un plafond de verre l’empêchant d’évoluer professionnellement. Il a accepté des emplois en Afrique – au Cameroun, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Fort de ces expériences, il lance en 2020 une newsletter pour aider les repats, tandis que le monde, qui traversait la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, était bouleversé par la mort de George Floyd, tué par un policier à Minneapolis, et le mouvement de révolte Black Lives Matter, amplifié par ce drame. Beaucoup de gens s’interrogent sur d’autres possibles. Et le succès de la newsletter est immédiat.
Kara Diaby crée alors le réseau Repat Africa, qui rassemble environ 500 personnes (des membres de la diaspora et des repats), dont l’objectif est de favoriser les migrations et les investissements vers l’Afrique : « Si les gens sont inquiets du racisme que leurs enfants subissent à l’école, ils ont aussi envie de leur faire découvrir le pays d’origine de la famille. » Cette repatriation n’est donc pas uniquement réactionnelle, elle est aussi portée par des enjeux intimes de redécouverte des racines.
Repat Africa compte aujourd’hui des membres aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Suisse et en France, et des résidents en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Bénin. Ensemble, ils mutualisent leurs compétences et leurs réseaux, et investissent dans des projets d’entreprises. Au même titre que le retour aux sources, le business et le désir d’entreprendre sont assez présents dans les discours des repats de tous horizons. Néanmoins, une forme de douleur omniprésente revient toujours dans les discussions, comme si les repats balançaient sans cesse d’un pied sur l’autre. Une douleur alimentée par le sentiment d’un déni de francité.
« Signe “la Portugaise” »
Dans un livre astucieusement intitulé La France, tu l’aimes mais tu la quittes. Enquête sur la diaspora française musulmane (Seuil, 2024), Olivier Esteves, Alice Picard et Julien Talpin évoquent, chez les musulmans, la quête d’un « droit à l’indifférence », dont ils jouissent en quittant la France. Autrement dit, la possibilité de pratiquer leur religion et d’arborer des signes religieux sans être regardé, jugé ou discriminé.
Pour un bon nombre des personnes interrogées par Le Monde, l’envie de partir date de 2015. « De fait, la période post-attentats a été vécue comme une période d’augmentation des actes et discours islamophobes », écrivent les auteurs. Le traitement de l’actualité par les chaînes d’information, en particulier CNews, citée par plusieurs repats, est aussi parfois vécu par les Français musulmans comme une forme de harcèlement.
Le fait de ne pas être considéré comme tout à fait français, voire pas français du tout, figure aussi parmi les arguments récurrents. Les parents de Mélanie Pinto, journaliste française trentenaire, ont quitté le Portugal et émigré en France dans les années 1970, pour fuir la dictature salazariste. Ils ont eu leurs deux filles après leur arrivée. Pourtant, « toute ma vie, en France, on m’a dit que j’étais portugaise », s’agace Mélani Pinto. Elle se rappelle, par exemple, une remarque inappropriée à l’issue d’un entretien d’embauche concluant. « Le recruteur m’avait dit : “Comme je vois beaucoup de monde, envoie-moi un mail la semaine prochaine et signe « la Portugaise », pour que je ne t’oublie pas.” » Elle en était ressortie en larmes.
Dans un premier temps, en 2014, elle a quitté la France pour vivre au Canada. « Au Québec, pour la première fois de ma vie, j’étais la Française », se souvient-elle. Quatre ans plus tard, elle réalise son rêve de s’installer au Portugal, le pays de ses grands-parents, qu’elle ne connaissait que comme vacancière : « J’ai fait beaucoup d’efforts pour connaître l’histoire et la politique du pays et pour me perfectionner dans la langue. » Elle a aussi fondé une famille là-bas, avant d’emménager à Tanger, au Maroc, le pays de son mari, où elle vit en ce moment. « Mon fils est né à Lisbonne, il est portugais », ajoute-t-elle, fièrement.
« Inconcevable »
Sané Lou Cissokho a 32 ans. Elle est née d’une mère « française du nord de la France, blonde aux yeux bleus », comme elle le précise, et d’un père sénégalo-mauritanien. « Je ne suis qu’à un quart sénégalaise, et pourtant, au Sénégal, les gens ne m’ont jamais fait sentir que je n’étais pas des leurs. En France, quand j’étais plus jeune et que je prenais le métro tôt le matin, dès que j’entrais, je me sentais regardée parce que j’étais la seule métisse ou la seule racisée. » Elle a aussi dû supporter les préjugés : « Dans les magasins, j’étais suivie par le vigile, alors que je n’ai jamais rien volé de ma vie ! »
Elle s’apprête actuellement à s’installer au Sénégal : « Quand j’étais plus jeune, je disais que, quand je serai à la retraite, je partirai. Et, en 2024, j’ai eu un déclic en arrivant en vacances à Dakar, j’ai eu la sensation d’être là où je devais être. » « Il faut qu’on arrête de voir l’Afrique comme un fardeau qu’on porte, alors qu’il y a plein de belles opportunités », ajoute-t-elle. Elle a créé Cubkids, un site où les enfants noirs et métissés peuvent se voir dans des personnages qui leur ressemblent, dont la déclinaison sur TikTok compte à ce jour plus de 200 000 abonnés.
Le projet de départ vers la terre d’origine est reçu diversement par les familles. « Mes grands-parents n’ont pas compris, admet Inès. Parce que, pour eux, la France est encore un eldorado. Ils sont encore extrêmement reconnaissants envers la France. Ils se sont dit : “On a fait le chemin inverse pour vous, et vous, vous voulez retourner là-bas.” Pour eux, c’est inconcevable. » Les parents de Mélanie Pinto ont, eux aussi, manifesté leur incompréhension : « Que vas-tu faire au Portugal ? On a quitté le Portugal pour te donner une chance, une autre éducation. Que vas-tu faire là-bas ?, relate la journaliste. Ils n’ont pas du tout compris. Mon père l’a pris personnellement. » Sceptique dans un premier temps, la famille de Kara Diaby est aujourd’hui fière de sa réussite, en particulier depuis des apparitions remarquées sur TV5 Monde et Canal+ Afrique.
Si tous les repats interrogés par Le Monde assurent avoir gagné en qualité de vie, ils reconnaissent aussi que tout n’est pas toujours simple. La question de la carrière et celle des ressources se posent, en général, en amont de la décision de quitter la France. Ceux qui le peuvent conservent leur emploi à distance, en télétravail. C’est souvent le cas des free-lances. Et une bonne partie de ces repats incluent un objectif entrepreneurial dans leur projet global, comme les membres de Repat Africa.
Pour autant, même en débarquant avec une double culture et des diplômes solides, les choses ne sont pas forcément aisées. « J’ai l’impression que, même sur le continent africain, c’est plus facile pour des personnes blanches de trouver des opportunités que pour les gens de la diaspora, se désole Kara Diaby. Il y a du colorisme, les gens plus clairs, métis, semblent plus crédibles. Donc, vous vous installez en Afrique en pensant que ça va être plus facile, alors que, parfois, c’est encore pire qu’en France. »
Compromis et renoncements
A tout cela peuvent s’ajouter des problèmes de reconnaissance de diplômes universitaires ou de compétences à adapter. Inès est titulaire d’un master en ressources humaines, mais exercer dans sa branche au Maroc ne se fait pas en un claquement de doigts. « Je suis formée en France, donc je connais la réglementation et le code du travail français, rappelle-t-elle. Pour moi, ce serait plus simple de travailler pour une entreprise française, car, pour travailler dans une entreprise marocaine, il faudrait que je me mette à jour sur la réglementation locale. »
Les questions de sécurité, de couverture sociale, de coût de l’éducation et de limites à la liberté d’expression font partie des aspects qui compliquent leurs expériences. « La circulation est complètement freestyle [anarchique] ici, dit Abdel. Et puis on ne peut pas faire de vannes sur le roi devant n’importe qui, alors qu’en France se foutre de la gueule des politiques est un sport national ! » Christian Lequesne confirme le fait que l’adaptation comprend une part de compromis, voire des renoncements : « Les pays d’origine des parents ne sont pas toujours des démocraties libérales. En France, l’éducation est très tournée vers les valeurs démocratiques, donc il faut aussi supporter le fait de vivre dans des régimes semi-autoritaires. »
Parmi les autres aspects plus ou moins difficiles à gérer, il y a aussi le fait de ne pas toujours se sentir complètement appartenir aux communautés locales, faute de références communes. « En France, nous ne sommes pas vraiment considérés comme des Français, et, là, on ne nous considère pas comme des Marocains, se désole Inès. C’est très dur à vivre. Ici, les gens sont très patriotes. Mais nous, nous ne nous sentons légitimes à être patriotes ni dans un pays ni dans l’autre. »
Diana insiste, pour sa part, sur le risque de s’enfermer dans une bulle, à l’image des expatriés, notamment en raison de son pouvoir d’achat. « On peut avoir un chauffeur pour une centaine d’euros par mois. Mais le salaire minimum se situe entre 45 et 50 euros », illustre-t-elle. Chacun s’arrange aussi pour s’organiser avec des systèmes de santé qui peuvent être peu performants, parfois en s’acquittant de frais élevés. Sané Lou Cissokho relativise : « Ma santé mentale et mon bien-être passent avant les aides que je pourrais avoir en France. Si mon mental va bien, j’ai moins de risques de développer des maladies. » De Cotonou, Diana résume la situation complexe des repats en citant la phrase préférée de son père : « Même si le pays ne vaut rien, rien ne vaut le pays. »
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