Deutsche Welle – Le World Happiness Report, le Rapport mondial sur le bonheur, est considéré comme la référence mondiale en matière de bien-être. Celui-ci vient de publier son classement 2025, basé sur le niveau de bonheur, déclaré par les populations elles-mêmes.
Ce rapport est élaboré par le Centre de recherche sur le bien-être de l’Université d’Oxford, en partenariat avec l’institut Gallup et le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies.
Son objectif va au-delà des indicateurs économiques classiques, comme la croissance ou le revenu, pour tâcher de comprendre ce qui rend réellement les populations heureuses, et orienter les politiques publiques vers plus de bien-être.
L’Afrique en bas du classement
Selon les résultats de cette année, les pays scandinaves dominent, une fois de plus, le classement. La Finlande arrive en tête avec un score de 7,7 sur dix.
À l’inverse, les pays africains restent en bas du tableau. Le premier pays du continent, l’Afrique du Sud, n’occupe que la 95e place avec 5,2 points. Dans l’espace AES, le Niger arrive en tête à la 110e place avec 4,7 points, tandis que la République démocratique du Congo est 141e et le Cameroun 104e, avec 4,9.
Malgré ce mauvais classement, la DW a demandé à plusieurs Camerounais quelles étaient, pour eux, les conditions d’un certain bonheur.
Pour cet habitante, « c’est de ne devoir rien à personne. Ça fait que vous dormez sans stress, sans pression, sans problème ».
Une autre Camerounaise estime qu’il doit y avoir « de l’amour au sein des sociétés, au sein des familles, au sein de mon entourage et que je puisse être rémunérée pour vivre dans la paix et pouvoir m’offrir ce que je veux ».
« Quand je me sens bien, quand j’ai mangé et quand j’ai un peu d’argent. Et quand les enfants rient… Voilà mon bonheur », explique encore une presonne interrogée.
Quels sont les critères du bonheur ?
Le Rapport mondial sur le bonheur s’appuie sur plusieurs critères comme la richesse d’un pays, l’espérance de vie en bonne santé, le soutien social, la liberté, mais aussi la perception de la corruption.
Mais ces indicateurs traduisent-ils réellement la manière dont le bonheur est vécu en Afrique ?
Pour Alou Issa, sociologue et cadre du ministère des Enseignements supérieurs du Niger, ces critères scientifiques ne définissent pas, à eux seuls, le bonheur. Sur le continent africain, s’y ajoute un facteur essentiel : l’entraide.
Alou Issa note que « le bonheur est avant tout, du point de vue africain, cette capacité d’être utile aux autres, d’être au service des autres. C’est la satisfaction que nous ressentons lorsque nous sommes sûrs d’avoir impacté, par nos actions, notre environnement. C’est aussi la joie que nous lisons sur le visage d’un frère en face de nous après un acte posé. Lorsqu’on est en mesure de donner et de recevoir de l’amour et de l’affection autour de soi, nous sommes dans un état de satisfaction, voire de bonheur ».
L’importance du lien social
Dans un monde marqué par les conflits, les crises économiques et les incertitudes, le bonheur tend aussi parfois à se rapprocher d’une autre notion, celle de l’espoir.
Selon Alou Issa, « le bonheur peut être perçu, en tout cas, comme un idéal vers lequel l’individu tend à chaque instant. Il peut être une sorte de stimulus pour faire face à l’adversité que nous devons affronter dans la quête de ce bonheur. C’est une quête indéfinie que l’homme mène pour tenter d’atteindre cet état ».
Et si, au-delà des classements et des indicateurs, le bonheur ne se mesurait pas uniquement en chiffres, mais aussi en liens humains et en résilience ? En effet, l’une des conclusions du rapport, cette année, suggère que les gens sont plus dignes de confiance qu’on ne le pense parfois.
Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi
Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle
Source : Deutsche Welle (Allemagne) – Le 19 mars 2026
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