Le désordre mondial n’est que le miroir de nos chaos intérieurs. Tant que les décideurs politiques, certains religieux ou intellectuels ne transformeront pas leur propre existence, la diplomatie restera une gestion de symptômes et non de causes. il faut un retournement radical de la conscience. Ce n’est qu’en substituant la « maîtrise de soi » au suppose pouvoir sur l’autre que le monde se libérera de ses anomalies. Ici, le Soufisme devient donc une thérapie géopolitique : la paix n’est plus un traité négocié, mais un état d’équilibre intérieur projeté sur la cité. Pour percer l’écorce de leurs connaissances théoriques, ces acteurs ainsi que chaque citoyen doivent se comporter comme une donnée brute et non comme l’identifiant de celle-ci. Un tel accomplissement exige l’humilité et le courage de se « dévêtir » de ses préjugés avant de pénétrer dans les véritables temples du savoir, qu’ils soient conceptuels ou existentiels, au sein de ces deux mondes. Cette démarche résonne avec deux piliers de la pensée de Socrate et de Bachelard. Socrate pense que l’accès à la connaissance véritable débute par la reconnaissance de ses propres limites et par une profonde humilité face à ses certitudes. Gaston Bachelard semble dire que le progrès intellectuel impose de dépasser les acquis antérieurs, qui font souvent office d’obstacles épistémologiques. C’est la raison pour laquelle nous sommes de ceux qui pensent qu’il faut une épistémologie de nos différentes croyances. Pour cela il faut que nous acceptions de penser contre nos cerveaux, pour reprendre l’idée de Bachelard. En somme, atteindre une connaissance supérieure nécessite de se dépouiller de ses certitudes et d’oser transcender les savoirs établis. Être Mukallaf (investi d’une responsabilité), c’est comprendre que ce processus de transformation dépend exclusivement de notre capacité à décortiquer la dialectique entre le Jalal (la Majesté) et le Jamal (la Beauté) du royaume divin. Enfin, il convient de rappeler que cette réflexion ne puise pas sa source seulement des études académiques de philosophie, mais aussi dans une immersion au sein du tabernacle de sérénité des maîtres soufis. Leurs enseignements et leur méthode embrassent, par leur universalité, une part majeure de la philosophie occidentale.
@Yoo Alla Faabo !
Abdel GUISSÉ
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