Le PSG dans la grande histoire du foot

So FootUn doublé en Ligue des champions, une équipe de tueurs à gage prêts à faire feu de la moindre brindille, un collectif parfaitement rodé aux sacrifices et à l’effort : nul doute que l’on parlera encore du PSG de Luis Enrique dans 20 ans. Marquinhos et sa bande sont en train de se tailler une belle page dans le grand livre de l’histoire du foot.

Un doublé en Ligue des champions ? On n’avait plus vu ça depuis le Real Madrid de Zinédine Zidane (pour un triplé, même), et avant ça le Milan d’Arrigo Sacchi au tournant des années 1990. Un collectif aussi léché sous la botte d’un tacticien au fort accent catalan ? Ne cherchez pas plus loin, le souvenir à convoquer se nomme cette fois le Barça d’un certain Pep Guardiola. Où que l’on regarde, ce PSG version Luis Enrique invite à dépoussiérer les livres d’histoire avec une question en tête : depuis quand n’avons-nous pas vu ça ? Depuis fort, fort longtemps, c’est certain. Et ceux qui auront vécu Munich, Budapest et toutes ces nuits d’ivresse – supporters du club de la capitale ou pas – en parleront encore dans fort, fort longtemps aussi.

De Madrid à Barcelone en bifurquant par le nord de l’Angleterre, la Bavière ou même en ajoutant un crochet par le Piémont, nombreuses sont les équipes à avoir marqué leur temps (sur quelques saisons du moins) depuis le début du siècle. Alors, où placer ce PSG dans la liste ? De plus en plus haut, sans aucun doute. Au-delà de son triplé historique, le Real Madrid de Zidane n’aura guère laissé d’héritage sur le plan du jeu, si ce n’est une culture de la gagne poussée à l’extrême. Avant lui, le Barça de Guardiola sera passé à un José Mourinho près du même exploit, la révolution footballistique en plus. Au point d’être aujourd’hui considéré comme la plus belle équipe de l’ère moderne, une sorte de graal vers lequel les Parisiens continuent de tendre. « C’est une équipe formidable, vantait même samedi soir Mikel Arteta, pourtant généralement avare en éloges pour l’adversaire. Avec leurs qualités individuelles et la façon dont ils sont entraînés, c’est vraiment une équipe de très haut niveau. »

Une armada qui a désormais mis dans le rétroviseur des one hit wonder comme le Liverpool de Jürgen Klopp ou le Manchester City de… Pep Guardiola, bloqués à un seul triomphe continental (et trois finales perdues à eux deux). Un jeu des comparaisons forcément risqué et partiel, mais inévitable dans ce genre de discussions. « On avait dit qu’une première fois, c’était historique, mais qu’une deuxième fois, ce serait être dans la légende. C’était ça notre motivation depuis le jour où on est rentrés de vacances. La deuxième, c’est encore plus difficile », clamait ainsi Marquinhos sur M6.

Une autre manière d’aborder les choses serait d’évoquer le plaisir distribué à tout-va aux amoureux du football, bien au-delà de la sphère rouge et bleu. Le PSG 2026, c’est 45 buts en 17 matchs de Ligue des champions (record offensif du Barça 1999-2000 sur une campagne égalé, avec un match de plus). Mais ce sont aussi les exploits individuels d’Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, qui se transforme tel Bruce Banner dès qu’il entend la petite musique, le tempo dicté par Vitinha, les déboulés à toute berzingue des deux fous du volant dans les ailes et tant d’autres délices pour les yeux. De ce point de vue là, la légende s’attardera bien plus sur la demi-finale aller mythique face au Bayern que cette finale longtemps verrouillée à double tour. Pour la dramaturgie en revanche, Budapest aura surpassé Munich de par l’angoisse et la souffrance provoquées.

L’Europe peut continuer à trembler

C’est d’ailleurs aussi là que se mesure la grandeur d’une équipe. Dans sa capacité à gagner de différentes manières, y compris lorsque son scénario préféré (un jeu d’espaces aux quatre coins du terrain, des transitions jouées à mille à l’heure et des prises de risque permanentes) n’est pas disponible. Alors vient l’heure de faire le dos rond, de souffrir en silence en attendant son heure, fort d’une conviction inébranlable qu’elle finira par se présenter. « Le secret de cette équipe ? On est humbles, on donne tout les uns pour les autres, tout le monde défend, tout le monde attaque, on prend plaisir à jouer dans cette équipe et j’espère que ça va continuer comme ça », lâchait à M6 Vitinha, désigné homme d’un match qui ne méritait pas forcément que l’un des combattants soit plus mis en avant que les autres.

Le Portugais souligne surtout un élément qui a de quoi faire frissonner l’Europe : les doubles champions d’Europe sont en mission, bien décidés à étendre ce que l’on peut désormais qualifier d’hégémonie. Les mots de leur capitaine quelques instants plus tôt ne laissaient d’ailleurs guère place au doute : « Il faut qu’on continue à avoir faim, parce que sinon le club tombera dans un trou comme on n’en veut pas. On a compris comment faire pour arriver à ce genre de grands moments. Il faut continuer comme ça, avec cette exigence. » « C’est un nouveau chapitre, mais on va suivre la même ligne. On n’a pas besoin de beaucoup de joueurs parce que c’est très difficile de trouver des joueurs qui entrent dans notre équipe. On va travailler, analyser pour le futur », se projetait à son tour Luis Enrique dans les entrailles de la Puskás Arena. Avec une seule date et un seul lieu en tête, déjà : Madrid, le 5 juin 2027.

Tom Binet

Source : So Foot (France)

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