Le président nigérien accuse la Mauritanie de « complicité » dans les attaques contre le Mali

Le Quotidien de Nouakchott – Le président du Niger, le général Abdourahamane Tiani, a accusé la Mauritanie, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir servi de bases de départ aux attaques armées qui ont visé le Mali le 25 avril 2026, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

S’exprimant lors d’un entretien de près de deux heures diffusé à la télévision d’État nigérienne à l’occasion du troisième anniversaire de la prise de pouvoir de la junte militaire, le chef de l’État nigérien a affirmé que les offensives contre le Mali avaient été lancées depuis « trois axes » distincts.

Selon lui, un premier axe provenait du nord du Bénin, d’où seraient parties plusieurs colonnes armées en direction de Gao et Sévaré. Il a également accusé la Côte d’Ivoire d’avoir accueilli des ressortissants ukrainiens chargés, selon ses déclarations, de former des combattants impliqués dans ces attaques.

Le général Tiani a en outre affirmé que le troisième axe venait de Mauritanie, sans fournir de précisions ni d’éléments de preuve à l’appui de cette accusation.

Le président nigérien a également mis en cause la France, estimant que des intérêts français présents en Mauritanie, au Bénin et en Côte d’Ivoire participeraient à des opérations dirigées contre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), avec ou sans l’accord des autorités locales.

Au cours de cette intervention, il a aussi exprimé des doutes sur le retrait effectif des forces françaises de Côte d’Ivoire, affirmant que des formations militaires y auraient été dispensées jusqu’à une période récente. Il a enfin vivement critiqué le président français Emmanuel Macron et accusé la France de poursuivre avant tout la défense de ses intérêts stratégiques dans la région.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre les pays de l’Alliance des États du Sahel et plusieurs États de la région, alors qu’aucune réaction officielle des autorités mauritaniennes n’avait été rendue publique au moment de ces accusations.

Source : Le Quotidien de Nouakchott

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