– Longtemps proches, le Pakistan, puissance nucléaire, et l’Afghanistan s’affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021.
Le Pakistan accuse les autorités afghanes d’abriter des activistes armés qui lancent des attaques sur le territoire pakistanais, ce que l’Afghanistan dément.
La plupart de ces hostilités ont été revendiquées par les talibans pakistanais (TTP), groupe armé qui se réclame de la même idéologie que les talibans afghans.
Des coups de feu et des tirs d’artillerie ont été entendus vendredi par des journalistes de l’AFP en territoire afghan, près du poste-frontière stratégique de Torkham, l’un des rares restés ouverts entre Afghanistan et Pakistan.
« J’ai vu du sang, (des tirs) ont blessé deux ou trois enfants et deux ou trois femmes », a déclaré vendredi à l’AFP Gander Khan, rapatrié afghan de 65 ans.
Les heurts se sont intensifiés dernièrement. Depuis les combats d’octobre, qui ont fait 70 morts de part et d’autre, la frontière commune reste largement fermée.
-« Guerre ouverte »-
Le Pakistan a frappé dans la nuit Kaboul, Kandahar et la province frontalière de Paktia (est). Une « réponse appropriée » à l’attaque afghane de la veille, selon le ministre pakistanais de l’Intérieur Mohsin Naqvi.
![]() |
© AFP Des soldats pakistanais patrouillent près du point de passage frontalier entre le Pakistan et l’Afghanistan à Chaman, le 27 février 2026 |
« Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous », a déclaré le ministre de la Défense pakistanais, Khawaja Asif, sur X.
A Kandahar (sud), Zabihullah Mujahid, porte-parole des autorités talibanes, a répondu que son gouvernement souhaitait résoudre le conflit par le « dialogue ».
![]() |
© AFP La ville de Kaboul, le 27 février 2026 en Afghanistan |
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé vendredi à une « cessation immédiate des hostilités » entre l’Afghanistan et le Pakistan, se disant « très inquiet » sur « l’impact de cette violence sur la population civile », selon son porte-parole Stéphane Dujarric.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a exhorté vendredi dans un communiqué l’Afghanistan et le Pakistan à « s’abstenir » de toute action aggravant leur conflit.
La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a appelé le même jour à la « désescalade ».
En réponse aux bombardements nocturnes, les autorités talibanes ont annoncé vendredi de nouvelles frappes à « grande échelle contre des positions » pakistanaises.
Poste-frontière
Jeudi, l’armée afghane avait lancé des « attaques massives » à la frontière, en riposte à des bombardements pakistanais le week-end dernier.
![]() |
© AFP Des membres des forces de sécurité talibanes montent la garde près du poste frontière de Torkham, entre l’Afghanistan et le Pakistan, dans la province de Nangarhar, le 27 février 2026 |
Islamabad avait assuré vouloir viser des camps « terroristes » en réponse à des attentats-suicides au Pakistan. Selon une source sécuritaire pakistanaise, « plus de 80 » membres de groupes armés ont été tués dans ces bombardements.
Le ministère afghan de la Défense a indiqué que huit de ses soldats avaient été tués lors de l’offensive terrestre de jeudi.
Un porte-parole du Premier ministre pakistanais a déclaré vendredi soir que 297 talibans et militants afghans avaient été tués et que 29 sites en Afghanistan avaient été ciblés par des frappes aériennes. Le porte-parole, Mosharraf Zaidi, n’a pas précisé le nombre de soldats pakistanais tués, Islamabad ayant précédemment annoncé 12 morts.
![]() |
© AFP Des blessées dans un hôpital de Jalalabad, après qu’un obus de mortier pakistanais a touché un campement accueillant des personnes revenant du Pakistan, lors d’affrontements entre forces pakistanaises et forces de sécurité talibanes près du poste frontière de Torkham, dans la province de Nangarhar, le 27 février 2026 |
Il est difficile de vérifier de manière indépendante les bilans des pertes annoncés par chacune des parties.
Le ministère pakistanais de l’Information a accusé l’Afghanistan d’avoir « ouvert le feu unilatéralement ».
Offres de médiation
Selon la mission de l’ONU en Afghanistan, les bombardements du week-end dernier ont tué au moins 13 civils. Pour sa part, le gouvernement taliban a affirmé qu’au moins 18 personnes avaient péri.
Islamabad (Pakistan) ()
Source : Courrier international (France)
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com







