Le Ghana va déposer une résolution à l’ONU pour désigner la traite des esclaves africains comme « crime le plus grave contre l’humanité »

Pour John Dramani Mahama, qui a fait cette annonce et affirmé parler de concert avec les pays de la Communauté caribéenne, il ne s’agit « pas seulement d’une compensation financière, il s’agit de rétablir la vérité historique ».

Jeune AfriqueLe Ghana va déposer en mars une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies pour désigner la traite des esclaves africains comme « le plus grave crime contre l’humanité », a déclaré dimanche 15 février le président ghanéen, John Dramani Mahama.

« Cette résolution aux Nations unies n’est que la première étape. Nous pensons qu’avec les consultations que nous avons menées et l’appui de l’Union africaine (UA), la vérité sera enfin reconnue : la traite transatlantique des esclaves a été la plus grande injustice et le plus grand crime contre l’humanité », a déclaré John Dramani Mahama à la clôture du sommet annuel de l’UA à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Faire front commun pour obtenir des réparations

La résolution qui sera déposée devant les États membres des Nations unies est une « déclaration sur la traite des Africains réduits en esclavage et l’asservissement racialisé des Africains, qualifiés de crime le plus grave contre l’humanité », a précisé le chef de l’État ghanéen, dont le pays a été le premier du continent à accéder à l’indépendance en 1957.

Le prédécesseur de John Dramani Mahama à la tête du Ghana, Nana Akufo-Addo, avait déjà appelé en novembre 2023 à faire front commun pour obtenir des réparations pour l’esclavage transatlantique et les dommages causés durant l’ère coloniale.

L’esclavage transatlantique a organisé le commerce de millions de personnes d’Afrique de l’Ouest et centrale. Selon l’Unesco, cette traite a déraciné 15 à 20 millions d’Africains qui ont été séquestrés et trainés de force dans les Amériques et les Caraïbes.

« Rétablir la vérité historique »

Pour le chef de l’État ghanéen, qui a affirmé parler de concert avec les pays de la Caricom (Communauté caribéenne), il ne s’agit « pas seulement d’une compensation financière, il s’agit de rétablir la vérité historique ».

« Mais, pour l’instant, notre objectif est de soumettre la résolution à l’Assemblée, de laisser le monde reconnaître que cela s’est produit et qu’il n’y a pas eu, dans l’histoire récente ou dans l’histoire du monde, d’injustice plus grave contre l’humanité que la traite des esclaves, a souligné le président ghanéen. L’adoption de cette résolution n’effacera pas l’histoire, mais elle la reconnaîtra. »

 

 

Source : Jeune Afrique avec (Le 15 février 2026)

 

 

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