Le Ghana dépose une résolution à l’ONU sur la traite transatlantique des esclaves

Agence Ecofin – Le Ghana estime que cette résolution marque une reconnaissance historique d’une réalité longtemps connue. La nommer amorce une prise de conscience des inégalités structurelles à l’origine des déséquilibres de la dette, des écarts de développement et de la vulnérabilité climatique.

Le président ghanéen, John Mahama (photo), présentera mercredi 25 mars à l’Assemblée générale des Nations Unies un projet de « résolution historique visant à reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme le crime le plus grave contre l’humanité ». L’annonce a été faite jeudi 19 mars.

Selon le communiqué, le texte souligne la rupture définitive que la traite a provoquée dans l’histoire mondiale, son ampleur, sa durée, son caractère systémique, sa brutalité ainsi que ses conséquences durables qui continuent de façonner les réalités socio-économiques et les disparités à travers le monde.

Si elle est adoptée, cette résolution deviendra la première à traiter de manière exhaustive de l’esclavage et de la traite transatlantique en 80 ans d’existence des Nations Unies. « Son adoption préserverait la vérité historique comme fondement de la justice et de la réconciliation, et répondrait à l’appel en faveur d’un engagement significatif sur la justice réparatrice, la responsabilité et la guérison », précise le communiqué.

En raison de son caractère historique, la date d’examen coïncide avec la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Le gouvernement ghanéen précise que « nommer cette vérité constitue le début d’une prise de conscience des inégalités structurelles qui sous-tendent les asymétries de la dette, les écarts de développement, la vulnérabilité climatique et la gouvernance financière mondiale ».

Ce projet est soutenu par l’Union africaine (UA), en collaboration avec la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et les populations d’origine africaine.

Le Ghana pousse pour la reconnaissance de la traite des esclaves

Le chef de l’État ghanéen avait présenté cette initiative en février lors du sommet de l’UA. Elle avait déjà été exposée lors de son discours à la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025, marquant ainsi la continuité de son engagement en faveur de la reconnaissance historique et de la justice réparatrice. L’ancien président du Ghana, Nana Akufo-Addo, avait également appelé en novembre 2023 à un front commun pour obtenir des réparations pour l’esclavage transatlantique et les dommages causés durant l’ère coloniale.

La traite transatlantique des esclaves constitue dans l’histoire le plus vaste déplacement forcé de populations africaines, s’étendant sur plus de quatre siècles. Selon les estimations de l’UNESCO, entre 15 et 20 millions d’Africains ont été arrachés à leurs terres, séquestrés et déportés de force vers les Amériques et les Caraïbes. Ces hommes, femmes et enfants ont enduré une misère indescriptible, dont les effets se sont prolongés pendant des siècles sur leurs descendants, souligne l’institution.

Lydie Mobio

Source : Agence Ecofin

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