Mabanckou et Chamoiseau racontent l’Afrique autrement

De Brazzaville à la Martinique, les deux lauréats ont tracé les contours d'une identité africaine fluide, nourrie par les diasporas et la créolité. Au Festival de Marrakech, ils ont défendu la littérature comme arme de résistance face aux dominations

Seneplus – En marge de la 4e édition du Festival du livre africain de Marrakech, les écrivains Alain Mabanckou et Patrick Chamoiseau ont dialogué sur les liens entre l’Afrique et les Antilles dans une interview accordée à France 24.

 

Pour Patrick Chamoiseau, Prix Goncourt 1992 et théoricien de la créolité, la traite transatlantique constitue le « lien poétique » fondateur entre la Caraïbe et le continent africain. « La cale du bateau négrier, tous les captifs africains qui tapissent le fond de l’Atlantique font une sorte de continuité entre l’Afrique mère et tout l’espace américain », a-t-il expliqué.

Alain Mabanckou, Prix Renaudot 2006, a souligné que comprendre l’Afrique nécessite aujourd’hui d’aller « voir les feuilles qui se sont envolées » plutôt que de se limiter à la géographie. « La vraie identité se définit par la rencontre », a-t-il rappelé, citant James Baldwin.

Les deux auteurs ont également abordé l’importance de la littérature face aux dominations. « Lorsqu’une domination s’exerce, ce qui est atteint très rapidement, c’est la capacité créatrice », a souligné Chamoiseau, rappelant le rôle des créateurs dans la résistance à l’esclavage.

Interrogé sur le départ de plus de 150 auteurs de la maison Grasset, Mabanckou s’est dit solidaire : « Un écrivain n’est pas un mouton de panurge. Il s’agit de préserver l’indépendance de la création. »

 

 

Source : Seneplus – Le 05 mai 2026

 

 

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