L’administration Trump sévit contre les étudiants et les travailleurs étrangers

La Maison-Blanche a annoncé une série de nouvelles restrictions à l’accueil d’étrangers dans les universités et les entreprises américaines. Les explications de la presse aux États-Unis.

Courrier Expat – La guerre menée par l’administration Trump contre les étudiants étrangers s’intensifie. Jeudi 8 octobre, la Maison-Blanche a lancé une enquête visant plusieurs universités prestigieuses pour déterminer si elles avaient abusé du recrutement d’étudiants étrangers. Elle accuse également six entreprises, dont Microsoft et Adobe, d’avoir parrainé abusivement les visas de travailleurs étrangers hautement qualifiés, et souhaite le leur interdire à l’avenir.

Parmi les autres mesures annoncées : une taxe de 70 000 dollars (62 470 euros) par étudiant étranger (pour le premier, puis 30 000 dollars pour chaque étudiant supplémentaire) souhaitant travailler aux États-Unis dans le cadre du programme de formation pratique optionnelle (Optional Practical Training, OPT) imposé aux établissements de l’enseignement supérieur. Ces derniers pourraient à leur tour les répercuter sur les élèves et sur les employeurs.

Inquiétudes de la Silicon Valley

Selon la revue scientifique Nature, “quelque 420 000 étudiants internationaux, soit environ un tiers des étudiants étrangers, ont participé au programme OPT au cours de l’année universitaire 2025-2026, ce qui en fait le plus important vivier de talents internationaux pour le marché du travail américain”. Mais “cette proposition, à l’instar des précédentes tentatives pour limiter les inscriptions d’étudiants étrangers, devrait se heurter à des contestations judiciaires”, précise le magazine Time.

“Ces mesures ont inquiété les dirigeants de la Silicon Valley et les éducateurs californiens, qui considèrent l’accès facile aux personnes les plus intelligentes et les plus travailleuses du monde comme l’un des plus grands atouts concurrentiels de l’Amérique”, souligne le Los Angeles Times. Ces politiques, couplées à la baisse d’attribution du nombre de visas étudiants, ont déjà entraîné une baisse des inscriptions d’étrangers à l’université, tandis que de plus en plus de chercheurs, étrangers comme américains, envisagent d’autres pays pour mener à bien leurs travaux.

De son côté, The Wall Street Journal rapporte les propos tenus en avril dernier par le vice-président américain, J. D. Vance : “Écoutez, je suis marié à une fille d’immigrants indiens et, vous savez, j’adore mes beaux-parents ; ce sont des gens formidables qui ont grandement contribué aux États-Unis. L’une des obligations de ces citoyens est de penser à leur pays d’adoption et non à leur pays ou groupe d’origine… Le système ne fonctionne que lorsque chacun se considère comme américain.” Il s’agit, de toute évidence, d’une forme de préférence nationale qui nuit au rayonnement national. Mais l’administration Trump n’est sans doute pas à une incohérence près.

 

 

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