En cette période marquée par la Journée internationale des droits des femmes, il est important de mettre en lumière des figures féminines mauritanienne dont l’action transforme concrètement les institutions et la gouvernance publique. Parmi elles, une femme se distingue particulièrement : Khadija Bouka, aujourd’hui, première régulatrice du pays dans le domaine stratégique des marchés publics.
Depuis sa nomination en novembre 2023 à la tête du Conseil de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), cette ancienne ministre de l’Habitat s’est imposée comme l’une des figures clés de la modernisation de la gouvernance économique en Mauritanie.
Sa nomination marque un tournant dans la régulation de la commande publique, un secteur vital pour l’économie nationale et pour la confiance des citoyens dans l’action de l’État.
Une trajectoire d’expertise au service de l’État.
Le parcours de Khadija Mint Bouka témoigne d’une solide expérience dans les domaines de la gestion publique, de la finance et des projets de développement. Avant de prendre les rênes de l’ARMP, elle a occupé plusieurs postes stratégiques dans l’administration mauritanienne : secrétaire générale de ministères, responsable dans des institutions financières publiques, et ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire.
Cette diversité d’expériences lui a permis de développer une connaissance approfondie des mécanismes de la commande publique, des enjeux budgétaires et des défis liés à la gouvernance des grands projets.
C’est précisément cette expertise qui a conduit les autorités à lui confier la mission de piloter l’organe chargé de réguler les marchés publics.
Une vision claire pour réformer la commande publique
Depuis son arrivée à la tête de l’ARMP, Khadija Mint Bouka mène un travail de fond visant à moderniser le système de passation des marchés publics et à renforcer sa transparence.
Les marchés publics constituent en effet l’un des piliers de l’économie nationale : ils permettent de financer les infrastructures, de soutenir l’investissement et de stimuler l’activité des entreprises locales.
Mais ce système comporte aussi des risques importants liés aux retards, aux surcoûts ou aux failles de gouvernance.
Sous son impulsion, une analyse approfondie du cycle de la commande publique a permis d’identifier 41 risques majeurs susceptibles d’affecter la qualité et l’efficacité des projets publics, allant des risques juridiques et financiers aux enjeux techniques et environnementaux. Cette cartographie constitue une étape essentielle pour bâtir un système plus fiable et plus transparent.
Une régulation de plus en plus sollicitée
L’un des signes les plus visibles du renforcement de la crédibilité de l’ARMP est l’augmentation du nombre de recours introduits par les acteurs de la commande publique.
Loin d’être un problème, ce phénomène traduit au contraire un changement profond : les opérateurs économiques, les administrations et les entreprises font désormais davantage confiance à la commission du règlement de différent pour arbitrer les litiges et garantir l’équité des procédures.
Cette confiance croissante témoigne de la consolidation du rôle de l’ARMP comme arbitre indépendant et garant de la transparence dans l’attribution des marchés publics.
La modernisation numérique du système.
Parmi les grands chantiers engagés figure la transformation numérique du système de passation des marchés publics. L’un des projets structurants est la mise en place de la première plateforme électronique des marchés publics du pays, destinée à moderniser les procédures, améliorer la transparence et faciliter l’accès des entreprises aux appels d’offres.
Cette digitalisation représente une évolution majeure : elle permet de réduire les délais, de limiter les risques de manipulation des procédures et d’ouvrir davantage la commande publique à la concurrence.
Vers une nouvelle architecture de régulation
Les réformes engagées sous la direction de Khadija Mint Bouka s’inscrivent également dans une transformation institutionnelle plus large. Dans le cadre de la modernisation du système de la commande publique, l’ARMP est appelée à évoluer vers une nouvelle structure : l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP).
Cette évolution vise à renforcer les mécanismes , à améliorer la gouvernance du système et à aligner la Mauritanie sur les meilleures pratiques internationales en matière de régulation des marchés publics.
Une femme au cœur d’un chantier stratégique
Dans un domaine souvent considéré comme technique et dominé par des enjeux économiques majeurs, la présence d’une femme à la tête de l’institution régulatrice constitue également un symbole fort.
Khadija Mint Bouka incarne une génération de femmes mauritaniennes qui occupent des postes de responsabilité dans la gestion de l’État et contribuent activement aux grandes réformes institutionnelles.
Son action quotidienne consiste à bâtir un système de commande publique plus transparent, plus efficace et plus crédible un chantier essentiel pour le développement du pays.
Une régulatrice au service de la confiance publique
À travers les réformes qu’elle impulse, les mécanismes de contrôle qu’elle renforce et les innovations qu’elle introduit, Khadija Mint Bouka contribue à consolider un principe fondamental : la confiance dans la gestion des ressources publiques.
En cette Journée internationale des droits des femmes, son parcours rappelle que la transformation des institutions passe aussi par l’engagement et la compétence de femmes déterminées à servir l’intérêt général.
Souleymane Hountou Djigo
Journaliste, blogueur
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