
Le Soleil – À l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, célébrée ce 23 avril, la Médiathèque de l’Institut français de Dakar réaffirme son rôle central dans l’écosystème culturel sénégalais. À la croisée du patrimoine écrit et des innovations numériques, elle développe une approche hybride pour maintenir la lecture au cœur des dynamiques éducatives.
« La médiathèque ne se contente pas de conserver des livres ; elle fabrique des citoyens éclairés », souligne le communiqué. Une ambition qui s’inscrit dans un contexte de mutation profonde des usages.Avec 40 000 ouvrages physiques et 220 000 ressources numériques accessibles via Culturethèque, l’établissement propose une offre documentaire particulièrement dense. À cela s’ajoutent 70 titres de presse, consultables sur place.
Cette richesse permet à la médiathèque de jouer un rôle de régulateur dans l’accès à l’information. Elle agit comme un « filet de sécurité culturel », en complément des bibliothèques scolaires et universitaires souvent limitées en ressources.
Des pratiques de lecture en pleine transformation
« On entend souvent dire que les jeunes ne lisent plus. Pourtant, la fréquentation de la médiathèque de Dakar dément ce cliché », précise le document. En réalité, c’est moins un désintérêt qu’une mutation des usages qui s’opère.Lire devient aujourd’hui une pratique multiple : sociale, numérique, utilitaire. Cette évolution se reflète dans les chiffres : la médiathèque compte 15 000 abonnés actifs, majoritairement âgés de moins de 30 ans, avec un afflux pouvant dépasser 500 visiteurs par jour en période de pointe.
Dans ce contexte, la lecture demeure un levier fondamental : « le livre reste le premier outil d’émancipation », insiste le communiqué.
L’un des axes majeurs de la stratégie repose sur l’initiation précoce à la lecture. Près de 30 % de l’espace total est dédié au secteur jeunesse, confirmant l’importance accordée à cette cible.
« L’accès à la lecture dès le plus jeune âge est un déterminant majeur de la réussite scolaire », rappelle la médiathèque. L’espace jeunesse est conçu comme un environnement d’apprentissage non formel, où la médiation joue un rôle clé.
Les bibliothécaires ne se limitent pas à la gestion des ouvrages : « ils orientent les enfants vers des lectures qui stimulent l’imaginaire et la maîtrise de la langue ». Une approche qui vise également à développer l’esprit critique dès l’enfance.
De lecteurs à créateurs : l’expérience “Fabrique des Mots”
Parmi les initiatives emblématiques, « La Fabrique des Mots » illustre la volonté de renouveler le rapport au livre. « Ce dispositif n’est pas qu’un atelier d’écriture, c’est un laboratoire de création », précise le communiqué.
L’objectif est de « désacraliser l’acte d’écrire » en invitant les jeunes à manipuler la langue, inventer et partager leurs récits. À travers une cinquantaine d’animations annuelles, la médiathèque crée ainsi un espace d’expression et de transmission.
Loin d’opposer papier et digital, l’institution mise sur leur complémentarité. « Le numérique est utilisé comme un produit d’appel pour la jeunesse technophile », souligne le document.
Grâce à Culturethèque, les usagers peuvent accéder à des contenus variés 24h/24, depuis tout le territoire sénégalais. Cette stratégie d’hybridation permet de capter l’attention des jeunes tout en les orientant vers des lectures plus approfondies.
Avec ses 150 places assises, souvent occupées, la médiathèque dépasse sa fonction classique pour devenir un espace de vie et de rencontre.
« On n’y vient pas seulement pour emprunter un livre, mais pour partager une atmosphère », confie un usager. Étudiants, chercheurs, lycéens et passionnés s’y côtoient, faisant de ce lieu un véritable carrefour intellectuel.
Des enjeux persistants pour l’avenir du livre
Malgré cette dynamique, plusieurs défis subsistent. Le communiqué insiste notamment sur la question du droit d’auteur, « un enjeu crucial pour que les écrivains sénégalais puissent vivre de leur art ».
Parmi les autres priorités figurent :le développement de l’édition locale, l’accessibilité économique du livre et la décentralisation des infrastructures de lecture vers les zones rurales
En filigrane, la médiathèque défend une vision forte : faire de la lecture un outil de transformation sociale.« Quel que soit le support papier ou pixel, la lecture reste l’arme de construction massive la plus efficace pour la jeunesse », conclut le communiqué.
A.N
Source : Le Soleil (Sénégal)
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