Israël ciblé par l’Iran, Trump menace les infrastructures iraniennnes

L'Iran a lancé vendredi de nouvelles attaques de missiles sur Israël, malgré l'avertissement de Donald Trump qui a menacé de viser les ponts et centrales électriques iraniens.

AFP – Plus d’un mois après le début du conflit, qui ne montre aucun signe d’apaisement, Israël a été visé tôt vendredi par de nouveaux tirs iraniens qui selon les secours n’ont fait aucune victime.

L’armée israélienne n’a pas détaillé les lieux ciblés, mais la radio militaire a évoqué des dégâts dans une gare de Tel-Aviv.

Selon les médias iraniens, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République, ont tiré des missiles « longue portée » vers cette ville et la station balnéaire d’Eilat (sud).

Continuant d’alterner menaces et appels à négocier un cessez-le-feu, Donald Trump a menacé l’Iran de nouvelles frappes contre ses infrastructures civiles. « Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques! », a-t-il averti sur son réseau Truth Social.

AFP

Les forces de sécurité israéliennes inspectent le site d?une frappe iranienne dans un quartier résidentiel de Petah Tikva, le 2 avril 2026

Jeudi, les bombardements américano-israélienssur des infrastructures ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran.

« Frapper des infrastructures civiles, y compris des ponts inachevés, ne poussera pas les Iraniens à se rendre », a toutefois prévenu le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sur X.

Déclenchée le 28 février par une offensive conjointe des Etats-Unis et d’Israël, la guerre a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le mouvement pro-iranien Hezbollah a commencé à tirer sur Israël le 2 mars.

Report d’un vote à l’ONU

AFP/Archives

Fumée s’élevant au-dessus d’un village dans le sud du Liban après une frappe israélienne le 31 mars 2026

Son extension dans le Moyen-Orient nourrit de fortes inquiétudes pour l’économie mondiale en raison de la quasi fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, par où transite normalement 20% du pétrole et du GNL mondiaux.

Une quarantaine de pays plaident pour la « réouverture immédiate et inconditionnelle » de ce détroit, accusant l’Iran de vouloir « prendre en otage l’économie mondiale ».

L’armée iranienne a prévenu que le détroit resterait fermé aux pays jugés hostiles.

Le pays du Golfe ont appelé jeudi les Nations unies à donner son feu vert à une libération par la force du détroit d’Ormuz.

Le vote à l’ONU initialement prévu vendredi sur un projet de résolution autorisant un recours à la force sous condition, porté par Bahreïn et en discussion depuis une dizaine de jours, a été reporté alors que le Conseil de sécurité reste loin d’un consensus.

AFP

En 1982, Israël avait occupé le Liban jusqu’à Beyrouth

Téhéran a mis en garde contre toute « action provocatrice » à l’ONU, avertissant qu’un vote du conseil de sécurité « ne fera que compliquer davantage la situation ».

Au Koweït, cible comme les autres pays du Golfe de représailles iraniennes quasi-quotidiennes, une attaque de drones sur une raffinerie a provoqué des incendies sur plusieurs unités du site, sans victime signalée.

Les sirènes d’alerte ont également été déclenchées au Bahreïn.

Aux Emirats arabes unis, un complexe gazier a été fermé à Abou Dhabi après un incendie suite à l’interception d’une attaque, a indique le gouvernement.

Au Liban, le Hezbollah a de nouveau tiré des projectiles vers le sud d’Israël dans la nuit.

L’armée israélienne dit de son côté avoir frappé plus de 3.500 cibles à travers le Liban et « éliminé » environ 1.000 combattants du Hezbollah en un mois de conflit, en parrallèle de son offensive terrestre dans le sud du pays.

Les frappes israéliennes depuis le 2 mars ont entraîné la fuite de plus d’un million de personnes.

Cela entraîne des risques « très alarmants » de déplacements de population massifs et prolongés, a alerté auprès de l’AFP la directrice de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope.

« Même si la guerre se termine demain » les destructions massives dans le sud du Liban « resteront ».

Marchés pétroliers fermés

Le ton offensif de M. Trump, qui a annoncé mercredi soir « deux à trois » semaines de frappes intenses pour renvoyer l’Iran « à l’âge de pierre », a relancé à la hausse les cours du pétrole.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a ainsi dépassé les 109 dollars jeudi, avant une interruption pascale de trois jours.

Cette flambée a des conséquences mondiales, les compagnies aériennes japonaises envisageant ainsi d’augmenter leurs surtaxes carburant, comme de nombreuses autres l’ont déjà fait.

Le Bangladesh a réduit les horaires d’ouverture des bureaux et commerces à partir de vendredi pour réduire sa consommation d’énergie. Une mesure similaire limite la vie nocturne habituellement animée en Egypte, où un couvre-feu commercial est fixé à 21h depuis quelques jours.

En Australie, des centaines de stations-service sont à court de carburant dans les zones rurales alors que débute le week-end de Pâques.

 

Téhéran (AFP)

Source : Courrier international (France)

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