
Je viens d’apprendre, par l’intermédiaire de mon frère et jumeau Abdoul Salam Bathily, le décès de Muhammad Cissé Koita. Le frère Cissé Koita, que j’ai connu et avec qui j’ai partagé des moments inoubliables durant notre jeunesse, se distinguait par sa maturité, sa foi, sa sagesse et surtout ses taquineries, qui pouvaient parfois éclipser son sérieux aux yeux de ceux qui ne le connaissaient pas de très près. Nous faisions partie du même groupe (Hedde, en soninké), avec seulement deux ou trois ans d’écart dans tout le groupe. Je me souviens encore de nos échanges qui se prolongeaient jusque tard dans la nuit chez lui, parfois en compagnie de Hachime Séméga, Abdoul Wahab Séméga, Habib Séméga, Bakary Bathily, Abdoul Salam Bathily, sans oublier notre grand frère Youba Guidado Koita, ainsi que d’autres jeunes de Tandia Kundu. Ce groupe constituait mon deuxième cercle de fraternité, après celui de mes autres frères de la communauté poular. C’est mon grand frère Mouhamed Sidi Tandia qui, alors que j’étais encore très jeune, m’avait mis en relation avec les jeunes de Koitalla et de Séméga Kunda. Rendre hommage à Cissé Koita sans évoquer son environnement soufi et son amour profond pour Cheikh Hamahoullah (rta), qui était son modèle et son maître à penser, reviendrait à passer sous silence une autre facette de cette belle âme qui a marqué notre jeunesse. J’ai eu la chance de participer, à ses côtés, à des séances de zikr ainsi qu’à ma toute première Wazifa avec les disciples de Cheikh Hamahoullah (rta), chez lui, en présence de son père, le vénéré « Xaramoxo » Guidado Koita (rta). Lors de cette séance de Wazifa, j’étais assis à côté du doyen Tijani Koita, ancien maire de Kaédi, à qui je souhaite santé et longévité. Durant cette rencontre consacrée à la méditation et à la prière, Cissé Koita, comme plusieurs autres disciples, se distinguait par son sérieux, sa concentration et son recueillement. J’ai connu beaucoup de jeunes de notre belle ville de Kaédi. Mais rester silencieux face à la disparition de cet être cher serait, à mes yeux, une forme d’ingratitude. Cissé était profondément humain, tant par son comportement que par son sens de l’humour et son côté taquin. Lors de mon dernier séjour au Sénégal, j’ai eu la chance de le retrouver à Dakar. Ndeyssane ! Il n’avait rien perdu de ses habitudes. Il n’arrêtait pas de me taquiner et de me rappeler nos souvenirs d’enfance, sans oublier mes petites querelles avec mon frère Bakary Bathily, avec qui j’étais le plus souvent en contradiction. Je présente mes sincères condoléances à toute sa famille, à ses proches, à ses condisciples ainsi qu’à tous les membres de notre groupe (Hedde). Enfin, chaque fois que je publiais une réflexion à la suite de mes échanges avec lui et Abdoul Wahab Séméga, ils prenaient toujours le temps d’y répondre avec intelligence et profondeur. Ces discussions donnaient lieu à de beaux échanges, riches en enseignements et en réflexions partagées. Au-delà de nos souvenirs de jeunesse, Cissé Koita laisse ainsi le souvenir d’un homme de foi, de sagesse, de fraternité et de simplicité. Je prie le Bon Dieu de l’accueillir dans les plus hauts degrés du Paradis et de faire miséricorde à son âme. « Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un. »
@Yoo Alla Faabo en !
Abdoul GUISSÉ
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