Le Figaro – Le doute plane sur l’origine du bombardement meurtrier d’une école de filles en Iran, survenue au premier jour de la guerre au Moyen-Orient ce samedi 28 février. Des enquêteurs militaires américains estiment qu’il est probable que le tir meurtrier ayant tué des dizaines d’enfants soit d’origine américaine, selon le New-York-Times et Reuters.
D’après le quotidien américain, qui a consulté des photos satellites et vidéos identifiées, le bâtiment scolaire a été gravement endommagé par une frappe de prévision survenue simultanément à des attaques contre une base navale adjacente, gérée par le Corps des gardiens de la révolution islamique.
Plus de 150 élèves auraient perdu la vie
L’école de filles de Minab se situe dans le sud de l’Iran, à proximité du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique. D’après des images satellites de 2013 consultées par le New York Times, l’école faisait autrefois partie de la base navale des Gardes révolutionnaires. Les images satellites historiques accessibles au public montrent cependant que la structure a ensuite été agrémentée de caractéristiques d’un établissement scolaire, notamment un terrain de sport et d’autres zones de loisirs.
Les enfants et les enseignants étaient en classe au moment de la grève, ont indiqué les autorités sanitaires et les médias d’État iraniens. L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, Ali Bahreini, avait déclaré que la frappe avait tué plus de 150 élèves, bilan encore non confirmé. Des images des funérailles des jeunes filles, mardi, ont été diffusées par la télévision d’État iranienne. Les petits cercueils, drapés de drapeaux iraniens, ont été transportés depuis un camion à travers une grande foule jusqu’au lieu d’inhumation.
Le bureau des droits de l’homme de l’ONU, sans nommer de responsable de la frappe, a appelé mardi à une enquête. «Il incombe aux forces qui ont mené l’attaque d’enquêter sur celle-ci», a déclaré la porte-parole du bureau des droits de l’homme de l’ONU, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève, alors que le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait déclaré lundi aux journalistes que les États-Unis ne cibleraient pas délibérément une école. « Le département de la Guerre enquêterait sur cela si c’était notre frappe, et je vous renvoie vers eux pour votre question», avait-il éludé.
«Le régime iranien cible des civils et des enfants»
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a ensuite reconnu mercredi que l’armée américaine enquêtait sur l’incident. Les responsables, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat afin de discuter de questions militaires sensibles, n’ont pas exclu la possibilité que de nouvelles preuves émergent et disculpent les États-Unis en pointant vers un autre responsable dans cet incident. «Bien que le département de la Guerre enquête actuellement sur cette affaire, le régime iranien cible des civils et des enfants, pas les États-Unis d’Amérique», a de son côté succinctement répondu la porte-parole Karoline Leavitt, dans un communiqué transmis à Reuters.
L’État hébreu récuse de son côté toute responsabilité dans cette frappe. «À l’heure actuelle, nous n’avons connaissance d’aucune frappe israélienne ou américaine dans cette zone. (…) Nous réalisons nos opérations avec une extrême précision», a balayé cette semaine le lieutenant-colonel et porte-parole de l’armée israélienne Nadav Shoshani. Attaquer délibérément une école, un hôpital ou toute autre structure civile constituerait probablement un crime de guerre au regard du droit international humanitaire.
Source : Le Figaro
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