Géopolitique – Le Conseil de la paix de Trump, entre “promesses” et “fanfaronnade”

Donald Trump a réuni pour la première fois son Conseil de la paix, jeudi, à Washington, en l’absence de la plupart des alliés traditionnels des États-Unis, et alors que le monde “bruisse de rumeurs” sur une opération militaire américaine contre l’Iran.

Courrier international – “Sans la présence de nombreux alliés traditionnels des États-Unis, mais avec force fanfaronnade et autocongratulation, le président républicain, Donald Trump, a dirigé jeudi la première réunion du Conseil de la paix de Gaza, l’institution qu’il a créée, dit-il, pour reconstruire une bande palestinienne dévastée par les bombardements israéliens”, résume El País.

Le projet, qui permet au président américain de “se vanter d’être un artisan de la paix mondiale”, suscite “l’inquiétude de nombreux alliés traditionnels de Washington, car il semble vouloir concurrencer l’ONU comme forum pour résoudre les problèmes mondiaux”, ajoute le quotidien espagnol.

Le locataire de la Maison-Blanche en a conscience et a “tenté de présenter l’organisation comme œuvrant de concert avec les Nations unies, et non comme un acteur susceptible de la fragiliser”, souligne Público. Mais ses propos à la tribune n’ont fait qu’alimenter les craintes.

“Fondamentalement, le Conseil de la paix supervisera l’ONU et veillera à son bon fonctionnement”, a déclaré M. Trump. Les Nations unies ont en effet “un grand potentiel”, mais ne l’ont “jamais exploité”, a-t-il affirmé – alors même que les États-Unis cumulent plus de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) d’arriérés envers l’ONU.

“Contrôle quasi total” de Trump

“Plusieurs dirigeants étaient présents, notamment les présidents indonésien et argentin, le Premier ministre hongrois et le roi de Bahreïn”, mais de nombreux membres du Conseil “avaient dépêché des fonctionnaires de rang inférieur”, relève The Washington Post. “Plusieurs alliés européens, dont la quasi-totalité a décliné l’invitation”, avaient quant à eux envoyé des observateurs.

Deux grands thèmes étaient à l’ordre du jour : le financement de la reconstruction de Gaza, et les contributions en hommes à la force de stabilisation dans le territoire palestinien. Sur le premier point, “plusieurs participants, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont promis des fonds totalisant plus de 6,5 milliards de dollars”, précise le quotidien américain – alors que le coût de la reconstruction de Gaza est estimé à au moins 70 milliards de dollars.

Donald Trump a promis pour sa part une enveloppe de “10 milliards de dollars”, une façon d’“apaiser les inquiétudes quant à l’engagement financier des États-Unis dans ce Conseil, alors même que le président en préside le conseil d’administration et exerce un contrôle quasi total sur sa composition et ses décisions”, souligne le titre de la capitale.

Quant à la force de stabilisation, qui pourrait compter jusqu’à 20 000 hommes, son commandement adjoint sera assumé par l’Indonésie, qui s’est dite prête à fournir 8 000 soldats. Le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie se sont également engagés à participer.

“La paix reste loin à Gaza”

“Les membres du Conseil – qu’ils promettent des fonds pour la reconstruction de Gaza, envoient des forces au sein d’une force internationale de stabilisation ou proposent une formation à ces troupes – avaient parfaitement compris la mission du jour : être présents, faire des promesses et encenser le président” américain, analyse Ha’Aretz.

“Que cela améliore réellement les conditions de vie des Palestiniens à Gaza, accélère le désarmement du Hamas, empêche une action israélienne susceptible de rompre le cessez-le-feu ou ralentisse sa politique d’isolement régional importe peu”, ajoute le quotidien israélien.

Car malgré “les déclarations tonitruantes” de Donald Trump, “la paix reste loin à Gaza”, renchérit Le Soir. “Depuis la trêve, en octobre, plus de 600 Palestiniens ont été tués dans des frappes ou des tirs israéliens. L’armée n’a montré aucun signe tangible de retrait de la ‘ligne jaune’, tandis que le Hamas a repris le contrôle des zones évacuées, sans intention de désarmement”, constate le quotidien belge.

Pour Ha’Aretz, “tout aussi insignifiant semblait être le fait que Trump ait convoqué une réunion de dirigeants mondiaux alors que les États-Unis déployaient massivement des moyens militaires au Moyen-Orient à un rythme sans précédent, alors qu’une guerre contre l’Iran pourrait éclater d’ici quelques jours”.

De fait, Washington “bruisse de rumeurs sur une opération militaire massive contre l’Iran”, rapporte L’Orient-Le Jour. Le milliardaire a averti que Téhéran devait conclure un accord “pertinent”, faute de quoi de“mauvaises choses arriveront”, donnant à la République islamique “un ultimatum de dix jours” avant de lancer son offensive.

Source : Courrier international (France)

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