Courrier international – “Il n’y a pas de plus grande fête que la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde”, et le stade Azteca – rebaptisé pour l’occasion “stade Ciudad de México” – en était “la vedette, accueillant pour la troisième fois cet événement qui unit la planète entière”, s’enthousiasme El Universal.
Quarante ans se sont écoulés depuis que la légendaire enceinte a accueilli son dernier Mondial, et “beaucoup de choses ont changé depuis”, relève le quotidien. “Mais ce qui n’a pas changé, c’est l’enthousiasme avec lequel les Mexicains montrent au monde entier comment le football est vécu dans cette partie du globe.”
“Peuples du monde, soyez les bienvenus au Mexique”, ont lancé des artistes en espagnol, mais aussi en langues “mixe, otomi, zapotèque ou raramuri”, lors d’un spectacle de quatre-vingt-dix minutes destiné à “montrer au monde la diversité” du pays, précise le titre mexicain.
À un moment, “le trophée de la Coupe du monde est apparu au centre de la pelouse, au son des tambours et des chants ancestraux, tandis qu’une troupe de danseurs et d’artistes traditionnels déguisés en boules dorées dansait sur le terrain”, ajoute-t-il.
Il y eut aussi l’actrice Salma Hayek, ambassadrice de la Fifa, qui a lancé “Vive le Mexique et vive le football !” avant que les drapeaux de tous les pays participants n’apparaissent pour une cérémonie qui a mis à l’honneur les hymnes nationaux, organisée pour la première fois par l’instance internationale du football. Le Mondial se tient au Mexique, aux États-Unis et au Canada jusqu’au 19 juillet.
Mais il y eut surtout “une pléiade de stars internationales”, venues “illuminer” l’événement, au premier rang desquelles “la superstar colombienne Shakira et l’artiste nigérian Burna Boy”, qui ont interprété l’hymne de la compétition Dai Dai, observe Billboard.
Les groupes mexicains Maná et Los Ángeles Azules, le Colombien J Balvín, le Vénézuélien Danny Ocean et les chanteuses mexicaines Belinda et Lila Downs “faisaient aussi partie de ce show spectaculaire”, précise le magazine musical.
Affrontements violents
Ce fut une cérémonie “riche en couleurs et en danses”, présentée devant près de 82 000 supporteurs “animés d’une véritable ferveur à l’idée de vivre la première Coupe du monde organisée sur leur sol depuis quarante ans”, confirme la BBC.
“Toutefois, aux abords du stade, des affrontements violents ont éclaté par intermittence. Des manifestants radicaux ont tenté de perturber l’événement, se heurtant à un important dispositif de sécurité” et entraînant “la fermeture temporaire des stations de métro voisines”, rapporte le diffuseur britannique.
Les autorités mexicaines ont précisé que “près de 200 individus cagoulés s’étaient détachés de 2 groupes comptant environ 800 manifestants pour affronter les forces de l’ordre”, mais que la situation avait été “maîtrisée” par la police.
“Parallèlement, des enseignants et des proches de personnes disparues dans le cadre de la guerre contre les cartels ont pris part à diverses manifestations pour faire entendre leurs revendications, profitant des projecteurs tournés vers le pays”, observe le média britannique.
Mais ce dont se souviendront surtout les dizaines de milliers de spectateurs du stade Azteca, c’est le match qui a succédé aux célébrations d’ouverture : un Mexique-Afrique du Sud “historique”, remporté 2-0 par le pays hôte, qui a enfin “rompu la malédiction” qui frappait la “Tri” (l’équipe tricolore nationale), se réjouit Televisa.
C’était en effet “la huitième fois que le Mexique disputait le match d’ouverture d’une Coupe du monde” (un record), mais “sa première victoire lors d’une telle rencontre, après avoir concédé cinq défaites et deux nuls – notamment face à l’Afrique du Sud, pays hôte de l’édition 2010”, explique ESPN.
“Peu d’équipes nationales ont une plus grande propension à décevoir” que la “Tri”, relève AS. Mais, “jusqu’aux dernières minutes, le Mexique a su maîtriser le match et éviter la tempête, fidèle à sa réputation historique”, avant de finalement accrocher aux visages des dizaines de milliers de supporteurs “un sourire dont le pays avait désespérément besoin”.
Le “meilleur visage” du Mexique
En définitive, “le Mexique s’est présenté au monde ce jeudi sous son meilleur jour”, estime El País. “Il l’a fait avec toutes ses contradictions, sans cacher ses blessures ni renoncer à ses vertus”, en restant “le pays chaotique, excessif, inégal, hospitalier, épuisant, fascinant, violent, généreux, millénaire et moderne qu’il a toujours été”.
Toute tentative visant à enfermer ce grand pays dans une définition simple “finit par se solder par une contradiction”, et “c’est peut-être pour cela que la Coupe du monde trouve ici un cadre si naturel”, poétise le quotidien madrilène. Car le football, comme le Mexique, ne relève pas du domaine de la “logique” mais “des émotions, de la loyauté et de l’obstination”.
Source : Courrier international (France)
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