Le Calame – Nouakchott a vibré au rythme des couleurs et du savoir-faire ancestral à l’occasion de la première édition du Festival de la Teinture de Mauritanie (FESTEINT), organisée du 5 au 6 juin au Parc de l’OMVS. Une initiative portée par Nena Ly, présidente de l’association Ici c’est la Mauritanie, avec l’ambition affirmée de promouvoir et valoriser un pan essentiel du patrimoine culturel national.
Un plaidoyer fort pour la reconnaissance de la teinture mauritanienne
Dans son discours d’ouverture, Nena Ly a salué la présence des autorités locales, notamment les représentants des communes du Ksar et de Tevragh Zeïna, ainsi que les acteurs culturels et festivaliers. Elle a rappelé que cette rencontre traduit « une volonté ardente de faire rayonner la teinture Made in Mauritania », soulignant que cet art constitue un dénominateur commun entre les différentes communautés du pays.
« La Mauritanie est un pays moderne, mais profondément enraciné dans sa diversité culturelle. La teinture est au cœur de nos traditions, notamment lors des cérémonies de mariage », a-t-elle déclaré. De l’indigo traditionnel aux techniques modernes, la créativité des teinturières n’a jamais cessé d’évoluer. De Rosso à Nouakchott en passant par Kaédi, chaque région possède ses spécificités, avec une mention particulière pour Kaédi, véritable capitale de la teinture.
Hommage aux grandes figures de la teinture
L’initiatrice du festival a rendu un vibrant hommage aux pionnières de cet art, notamment Mariam Koita, connue sous le nom de Bata Kangué, créatrice du célèbre motif Kardiata Yaya, toujours prisé après plus de 50 ans. Elle a également évoqué son héritage familial, citant sa grand-mère Fatimata Bocar Elimane Ly, elle-même grande teinturière, ayant appris auprès de figures emblématiques comme Salamata Tandia et Coumba Django. « La teinture a sauvé, nourri, vêtu et logé des générations entières », a-t-elle souligné, mettant en avant son rôle clé dans l’autonomisation économique des femmes.
Vers une reconnaissance internationale
Au-delà de la célébration culturelle, FESTEINT se veut un levier de plaidoyer. Nena Ly a annoncé la volonté de porter la candidature de la teinture mauritanienne au patrimoine immatériel de l’UNESCO, dénonçant l’appropriation de ce savoir-faire par d’autres pays sans reconnaissance.
Un programme riche entre tradition et modernité
Le festival a proposé deux journées intenses mêlant : Expositions-ventes et visites de stands,
Démonstrations de teinture traditionnelle
Panels sur les enjeux culturels, sanitaires et environnementaux, Animations musicales et échanges avec le public, Table ronde participative « Parlons teinture » et un Concert de clôture
Un soutien institutionnel affirmé
Présente à l’événement, Fatimata Kandy Sy, déléguée régionale de la Jeunesse et des Sports de Nouakchott-Ouest, a salué une initiative porteuse d’avenir : « La teinture, c’est notre histoire et le savoir-faire de nos artisans. Ce festival est un pont entre le passé, le présent et l’avenir que nos jeunes construiront. » Elle a réaffirmé l’engagement des autorités à accompagner ce projet pour assurer sa pérennité. De son côté, le maire du Ksar Mohamed Saleck Ould Oumar a exprimé son admiration pour la créativité des teinturières et s’est dit prêt à accueillir la prochaine édition.
Une première édition prometteuse
Malgré les défis rencontrés, cette première édition du FESTEINT a été rendue possible grâce au soutien de plusieurs partenaires, dont la Région de Nouakchott.
Un rendez-vous appelé à durer
Plus qu’un simple festival, le FESTEINT s’impose comme une plateforme de valorisation, de transmission et de reconnaissance d’un savoir-faire ancestral. Célébrer notre héritage, colorer notre avenir : un slogan qui résume parfaitement l’esprit de cet événement appelé à devenir un rendez-vous incontournable de la scène culturelle mauritanienne.
TM




