En Mauritanie, le thé, loin d’être une simple boisson, est une langue

RFIEn Mauritanie, le thé se vit et se boit au quotidien. Partout dans le pays, c’est la première chose servie à un visiteur. Derrière cette boisson se cache un aspect culturel très prisé par les populations, il est utilisé pour honorer les invités. Le thé rassemble les familles, accueille les invités et rythme les journées. Immersion dans le rituel le plus sacré des Mauritaniens.

https://kassataya.com/wp-content/uploads/2026/09/REP_AFRIK_18-09-26_MAURITANIE_Le_the_loin_d_etre_une_simple_boisson-1.mp3?_=1

 

Dans cette maison, Mariam El Medou et quelques membres de sa famille sont assis dans le salon. Devant elle, il y a tout le matériel nécessaire pour préparer le thé. À côté, un plateau avec du pain, du lait et des arachides. Les discussions vont bon train, accompagnées par de la musique. Pour Mariam, le thé est essentiel dans le quotidien des Mauritaniens. « Le thé, c’est quelque chose qui honore les Mauritaniens. Il fait partie de notre culture. C’est la première boisson qu’on sert dès qu’on a une visite, explique Mariam. Partout où tu vas, on te servira du thé, peu importe la maison dans laquelle tu entres. Pour préparer le thé, nous utilisons trois théières. Le thé est une boisson que nous avons héritée de nos ancêtres. Si nous avons mal à la tête, nous comprenons immédiatement que c’est un signal qui indique qu’il faut boire du thé. »

Le thé est loin d’être une simple boisson en Mauritanie. Selon Ba Adama Moussa, il joue aussi un rôle de fédérateur. « Le thé rapproche les Mauritaniens. C’est quelque chose que les Mauritaniens prennent pratiquement à toutes les heures de la journée, précise-t-il. Dans les bureaux mauritaniens, il est pratiquement pris à toutes les heures. Quand les Mauritaniens vous disent quoi de neuf ? En général, les langues se délient autour de ce thé-là. »

Une façon de recevoir

Mohamed Zein Albidina décrit la spécificité du thé et le moment idéal pour le préparer. « On dit que le thé mauritanien, il a ses trois J. Le premier J, c’est qu’il faut un nombre de personnes pour que le thé soit agréable, liste-t-il. Le deuxième J, ce sont les braises. Aujourd’hui, on élabore le thé sur le feu à gaz, mais la saveur du thé, son goût, c’est lorsqu’il est fait sur des braises ou le feu de bois. Et le troisième J, c’est celui de la lenteur parce qu’il y a un premier verre et il y a un deuxième verre, et il y a un troisième verre. Et entre chacun des verres, il faut un temps qui va donner l’occasion de discuter. Et on dit que le dernier est le mieux apprécié. »

C’est souvent autour du thé que se prennent les décisions les plus importantes. « En général, on décide ensemble. C’est comme des gens qui veulent faire un travail en Occident : les gens s’invitent autour d’un resto, autour d’un verre, ils commencent à discuter, à échanger. Voilà, ils commencent à prendre des décisions ou en tout cas à échanger et finissent par se connaître, par casser la glace, illustre Ba Adama Moussa. Le thé joue exactement ce rôle-là en Mauritanie. »

En Mauritanie, le thé n’est pas qu’une boisson. C’est une langue, une façon de recevoir, une façon d’aimer.

 

 

Notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry

 

 

 

Source : RFI

 

 

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile