En Guinée, la grâce présidentielle accordée à l’opposant Aliou Bah, condamné pour « offense et diffamation »

Le président du Mouvement démocratique libéral est incarcéré depuis décembre 2024. Sa grâce, ainsi que celle de 216 autres détenus, a été décidée par le chef de l’Etat, Mamadi Doumbouya, à l’occasion de la fête de l’indépendance du pays, selon un décret présidentiel.

AFP – A quelques mois de la fin de sa peine, l’opposant politique guinéen Aliou Bah, condamné en appel en janvier 2025 à deux ans de prison pour « offense et diffamation » à l’encontre du président Mamadi Doumbouya, a bénéficié, vendredi 2 octobre, d’une grâce présidentielle.

Le président guinéen a décidé de gracier 217 détenus, dont M. Bah, à l’occasion de la fête de l’indépendance du pays, selon un décret présidentiel lu à la télévision d’Etat par le général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence. Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral, est incarcéré depuis décembre 2024. Sa libération était attendue vers décembre, une fois sa peine entièrement exécutée.

Cette grâce intervient alors que son dossier faisait l’objet d’une procédure devant la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). La juridiction régionale avait demandé, dans une lettre datée du 25 septembre, à la Cour suprême de Guinée de procéder à la libération « immédiate et sans condition » d’Aliou Bah.

« Triomphe de l’arbitraire »

Sa condamnation en appel, en janvier 2025, avait été vivement critiquée par des organisations de défense des droits humains. Alseny Sall, responsable de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’homme, avait alors dénoncé « un triomphe de l’arbitraire contre la liberté ». Fabien Offner, d’Amnesty International, avait pour sa part fustigé « un régime visiblement prêt à tout pour étouffer les critiques et notamment celles qui le rappellent à ses engagements ».

La Guinée est dirigée par le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir en 2021 après avoir renversé Alpha Condé, premier président guinéen élu librement. Il a conforté son pouvoir en organisant, en décembre 2025, une élection présidentielle sans opposant d’envergure. Sous son pouvoir, les principaux partis politiques ont été dissous tandis que les manifestations, interdites, sont réprimées. De nombreuses voix dissidentes ont par ailleurs été arrêtées, condamnées, poussées à l’exil ou sont portées disparues.

 

Source : Le Monde avec AFP

 

 

 

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