Du perchoir, Sonko pose ses conditions à Diomaye

Le chef de Pastef a qualifié de "faux départ" la désignation du Premier ministre sans consultation du parti majoritaire. Il exige des clarifications avant d'envisager un accompagnement de l'exécutif

Seneplus – Nouvellement élu président de l’Assemblée nationale, le chef du parti Pastef a vertement critiqué la procédure de désignation d’Al Aminou Lô à la Primature, dénonçant l’absence de consultation avec sa formation politique majoritaire. Il pose des conditions pour poursuivre l’accompagnement du président Diomaye.

 

 

 

À peine installé au perchoir de l’Assemblée nationale ce mardi 26 mai, Ousmane Sonko a saisi l’occasion de son discours inaugural pour adresser un avertissement appuyé au nouveau gouvernement. L’ex-Premier ministre, redevenu député avant d’être porté à la tête du Parlement, n’a pas mâché ses mots face à la nomination d’Al Aminou Lô au poste de chef du gouvernement.

Tout en félicitant officiellement le nouveau Premier ministre — qu’il dit avoir personnellement fait nommer secrétaire général du gouvernement et avec qui il a collaboré pendant un an et demi sur les référentiels stratégiques du Sénégal 2020 —, Sonko a rapidement pointé le fond du problème : Pastef, formation politique à la fois majoritaire dans l’opposition et au pouvoir, n’a été associée ni aux consultations précédant la nomination, ni aux discussions pour la composition du gouvernement.

Cette phrase, lancée sous les applaudissements de l’hémicycle, résume la position du président de l’Assemblée nationale. Sonko qualifie la situation d' »inédite dans les annales politiques du pays, voire du monde », dénonçant un « faux départ » dans la configuration du nouvel exécutif. Pour lui, un gouvernement se forme normalement avec la formation politique majoritaire, principe qui n’aurait pas été respecté.

Malgré cette critique frontale, le chef de Pastef a tendu une perche au président de la République, affirmant que son parti « reste ouvert à une discussion responsable qui met de côté les égos » pour aboutir à « une gouvernance apaisée » et terminer le mandat « dans les meilleures conditions ». Mais cette discussion, prévient-il, « ne se fera pas autour des hommes et des femmes, elle se fera autour des orientations et du programme ».

Des divergences sur la dette et le pouvoir d’achat

Sonko a posé des conditions précises pour envisager de continuer à accompagner l’exécutif. Il exige des clarifications sur les « engagements pris récemment concernant la restructuration » de la dette, ainsi que des garanties sur « le maintien du pouvoir d’achat » pour éviter de faire subir aux Sénégalais « les conséquences d’une augmentation », probablement des tarifs ou du coût de la vie.

L’ancien Premier ministre a également rappelé ses divergences avec Al Aminou Lô sur des questions économiques fondamentales : la politique monétaire, la gestion de la dette et d’autres dossiers similaires. Des désaccords qui, selon lui, devront être tranchés dans le cadre des discussions à venir avec la présidence.

Dans la dernière partie de son intervention, Sonko a dressé le bilan de son passage à la tête du gouvernement : transparence sur la dette cachée, renégociation des contrats compromettant les intérêts du Sénégal, refus de la restructuration, moralisation de la vie publique, lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’État, adoption de la loi contre l’homosexualité, et gestion des inondations.

Cette prise de parole musclée depuis le perchoir marque l’ouverture d’une nouvelle séquence politique où Pastef entend peser de tout son poids parlementaire sur les orientations du gouvernement Lô.

Source : Seneplus (Sénégal)

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