RFI – En Mauritanie, un projet de loi a été adopté en conseil des ministres, jeudi 27 août, pour durcir les sanctions liées au trafic et à la consommation de drogue. Une décision qui intervient dans un contexte marqué par plusieurs saisies réalisées ces dernières semaines par les services de sécurité à travers le pays. Sur le terrain, la situation inquiète. Dans certains quartiers de Nouakchott, des habitants disent vivre un calvaire à cause de la consommation de drogue et des agressions qui l’accompagnent.
À Dar El Bewa, un des quartiers périphériques de Nouakchott, des habitants tirent la sonnette d’alarme. Selon Yate Ould Maouloud, résident du quartier, plusieurs jeunes sous l’emprise de stupéfiants sèment le trouble et commettent des agressions au quotidien.
« Ce quartier n’avait pas de problème. J’y vis depuis 15 ans maintenant. Mais ces derniers temps, plusieurs personnes se font agresser par des jeunes qui consomment de la drogue. Il s’agit de jeunes du quartier. Chaque jour on entend parler d’agressions. Beaucoup de jeunes sont tombés dans la consommation de drogue, ils consomment aussi un type de stupéfiant qu’ils appellent ‘adross’. Nous demandons l’aide des autorités pour arrêter ce fléau. Nous devons tous nous intéresser à ce problème pour trouver une solution. »
Le phénomène touche plusieurs autres quartiers de la capitale de la Mauritanie. Pour Fatimata Sow, de l’Association mauritanienne de Renforcement des capacités en milieu scolaire, cette montée de la consommation reflète le malaise de la jeunesse.
« D’abord il y a le manque d’information et de sensibilisation chez les jeunes. Certains peuvent consommer la drogue juste par curiosité, sous l’influence de leurs amis, sans connaître les conséquences. Il y a aussi les difficultés sociales, le manque d’encadrement et d’activités qui permettent aux jeunes de s’épanouir. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut agir auprès des jeunes, les sensibiliser et créer un espace où ils peuvent parler de leurs difficultés sans être jugés ».
Avec ce nouveau texte, les autorités disposent d’un arsenal juridique renforcé. Il vise désormais la production, la culture, la transformation, mais aussi le démantèlement des réseaux de trafic.
Notre correspondant à Nouakchott, Moussa Oumar Barry
Source : RFI
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